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Languedoc-Roussillon
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Agri - Agro
| 9/11/2012

PME régionales : partager le pouvoir pour mieux grandir

La LRIA, association de la filière agroalimentaire régionale, organisait ce matin vendredi 9 novembre à Montpellier, un colloque sur un thème qui dépasse largement le cadre de son secteur. Il s’agissait en effet de rapprocher PME et financeurs pour tenter de répondre à une question cruciale : pourquoi les TPE et PME ne font pas plus appel aux fonds propres pour accompagner leur croissance. Il existe plusieurs raisons, dont voici deux exemples significatifs : soit c’est un langage qu’elles maîtrisent mal ou pas du tout, soit elles ont peur de perdre la gouvernance de leur entreprise, voire les deux. « La question de la gouvernance est très importante dans les entreprises régionales, note Pierre Pujol, avocat spécialisé dans le droit des affaires, à la tête d’un cabinet à Nîmes. Elle est aussi très légitime. Mais on est obligé de leur dire : « Vous allez devoir partager le pouvoir », car l’augmentation des fonds propres est rendu nécessaire par la nécessité d’investir, si l’entreprise souhaite poursuivre sur une pente de croissance. »
La peur de perdre la main
Cette étape, toutes les entreprises avec de l’ambition y sont confrontées un jour ou l’autre. Bio Planète, société fabriquant des huiles alimentaires de première pression à froid biologiques à Bram, a franchi le pas il y a longtemps, avec des résultats probants. Créée en 1984, elle a réalisé une première tranche d’investissement il y a dix ans, et envisage aujourd’hui de renouveler une opération similaire, afin d’accompagner un développement de plus en plus fort : + 15 % de croissance moyenne par an sur 15 ans, avec une accélération à 20 % par an sur les trois dernières années. Aujourd’hui, elle réalise 16 M€ de CA, dont 70 % à l’export, et commercialise 260 références. « La difficulté, c’est de maîtriser le fonds de roulement, indique Jérôme Stremler, l’un des dirigeants. On est obligé de surveiller notre taux d’endettement. Alors l’alternative pour lever moins de fonds, c’est de réduire la croissance. Ou de sous-traiter, mais alors on change de métier. On pourrait aussi vendre et partir au soleil… Nous on a décidé de lever des fonds, on ne veut pas risquer de perdre l’entreprise au moment où elle se développe le plus. »
La solution des investisseurs de proximité
Le choix des investisseurs est parfois primordial pour sauter le pas. M. Stremler les a ainsi méticuleusement sélectionnés via un cahier des charges. L’investisseur de proximité peut être lui une bonne manière d'entrouvrir la porte de l'apport de capital pour les PME. Si la collecte est parfois symbolique, elle crée autour du projet une mobilisation humaine qui est souvent un amplificateur de communication, et de compétences. C’est ce qu’a fait Pierre Viala, au Domaine de l’Oulivie, à Combaillaux, dans l'Hérault. « J’ai repris et restructuré l’exploitation familiale dans les années 90. Rapidement, on a buté sur la question du développement. Je me suis dit que j’avais besoin de m’appuyer sur l’expérience d’autres personnes. Et des chefs d’entreprise se sont intéressés à notre société. On a partagé le capital, 50/50 avec un premier cercle d’investisseur, grâce à la création d’une SAS. Puis cinq autres apporteurs nous ont amené 150 K€. »
Parfois, le chemin est moins facile. À Saint-Quentin-la-Poterie, dans le Gard, la société Réserves Champlat, spécialiste de la conserverie bio, trop endettée pour emprunter de nouveau a du mal à trouver des investisseurs, alors même que son marché est porteur, et qu'elle a réalisé 25 % de croissance en quatre ans. « Nous avons besoin de doubler la surface de notre usine, indique le gérant Nicolas Hauvespre. On cherche à lever 200 K€, et tous les financiers que j’ai contactés me disent qu’ils ne font pas, que c’est trop peu. »
Anticiper les besoins
Le besoin en capital s’anticipe : tous les acteurs s’accordent sur ce point. « Quand on a fini une opération, il faut déjà anticiper la suivante et évaluer ce dont on aura besoin, insiste Bernard Kimmel, le patron d’Arcadie, entreprise spécialisée dans les plantes et épices bio basées à Alès. Nous non plus n’avons pas du tout envie de vendre. En faisant entrer au capital quelques investisseurs, avec qui l’on a une proximité, on reste maître de notre destin. » Devant les problèmes récurrents que rencontrent les TPE et PME de son secteur, LRIA lance avec des chefs d’entreprise la création à la fin du mois d’un fonds qu’elle nomme Capital « Rebond » solidaire. L’objectif : permettre à des projets qui souffrent seulement d’un manque de finances de repartir du bon pied. Pour aider les entreprises qui le valent à s’ouvrir au capital.
Légende : Entreprises et financiers, rassemblés ce matin au Mercure Centre de Montpellier par LRIA pour évoquer la croissance des PME de l'agroalimentaire.
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