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Agri - Agro
| 12/11/2012

Des claires comme à Marennes sur le Lido de Sète ?

Des claires sur le lido de Sète à Marseillan ? L’hypothèse envisagée depuis plusieurs années par le Comité régional conchylicole de Méditerranée (CRCM) vient de faire un pas en avant : la communauté d'agglomération du bassin de Thau, Thau agglo, s’est engagée à piloter une étude de faisabilité pour la mise en œuvre de claires, des bassins d’affinage d’huîtres, sur une surface de 50 hectares, sur des terrains qui appartiennent encore à Listel. L’objectif : donner un lieu de stockage optimal à la production conchylicole du bassin de Thau et assurer la continuité de commercialisation, notamment pour les cas de pollution, qui chaque année portent préjudice aux producteurs. « C’est une perspective motivante pour tous, souligne Pierre Bouldoire, président de Thau agglo. Il était important de se mettre au travail sans même attendre le déplacement de l’unité d’embouteillage de la société Listel, propriétaire des terrains. » Sur ce dernier point, Pierre Bouldoire a estimé « très positive » une récente première rencontre avec le PDG de Listel, Paul-François Vranken. « Quand Listel a annoncé sa volonté de quitter le Lido, ça nous a semblé une bonne opportunité de relancer le projet », ajoute Philippe Ortin, président du CRCM et conchyliculteur à Marseillan.
Faisabilité juridique et technique en question
L’étude que Thau agglo va piloter et financer avec le concours d’autres partenaires publics va porter sur la faisabilité juridique, financière et technique de l’opération. « Nous sommes sur un territoire complexe et sensible, ajoute Pierre Bouldoire. Il faut maîtriser tous les paramètres et notamment les coûts d’investissement et de fonctionnement des installations. »
En effet, la zone visée, entre la plage et la voie ferrée, côté Marseillan au niveau des terrains de l’Inra, est également sous le contrôle du Conservatoire du littoral, ce qui risque de compliquer le montage. Et puis, ce type de bassin n’a jamais existé autour du bassin de Thau, et si l’exemple de Marennes, sur la côte atlantique, peut servir de modèle, les conditions méditerranéennes doivent être prises en compte.
L'Agglo pourrait racheter les terrains
Si l’étude démontre la faisabilité et la pertinence du projet, Thau agglo s’est engagé à s’impliquer dans la réalisation du projet : l’agglomération de Sète et Frontignan pourrait devenir propriétaire des terrains, quand le CRCM ou une instance en émanant se chargerait de la gestion. « C’est une perspective très intéressante : aujourd’hui, nous sommes toujours sous la menace des intempéries et des pollutions, ajoute Philippe Ortin. À l’hiver 2011, on a eu six semaines d’arrêt de commercialisation. Cela vient s’ajouter aux problèmes de production que nous rencontrons. » La mortalité des naissains, petites huîtres que les producteurs de Thau achètent, est un fléau contre lequel les conchyliculteurs ne peuvent rien faire. Conséquence : aujourd’hui, seule la moitié des tables de l’étang sont utilisées, et la production annuelle plafonne à 6000 tonnes d’huîtres, contre les 12 à 13 000 constatées habituellement.
Un comité de pilotage rassemblant les différents interlocuteurs doit se rencontrer dans les prochaines semaines pour définir le cahier des charges de l’étude. Elle devrait être menée début 2013.
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