« Il faut arrêter de se faire peur ! » : face aux incertitudes, la CCI toulousaine joue la carte de l’optimisme
« Nous vivons une séquence que nous ne maîtrisons pas, mais il faut arrêter de se faire peur ! » Pour Didier Katzenmayer, élu à la CCI Toulouse 31, dont il préside la commission Industrie*, malgré les turbulences liées au conflit au Moyen-Orient, l’heure ne doit pas être à l’inquiétude. « Les entrepreneurs ont un sac à dos chargé de contraintes, mais gardons un esprit positif », insiste-t-il le 31 mars à l’occasion de la présentation à la presse de l’étude conjoncturelle annuelle de la CCI haut-garonnaise. Christine Bardinet, directrice régionale de la Banque de France, acquiesce : « Il ne faut pas minimiser les impacts futurs mais il ne faut pas non plus les précéder, au risque de tomber dans une prévision auto-réalisatrice. »
Une année 2025 au ralenti…
Selon l’enquête de conjoncture économique réalisée par la CCI Toulouse 31 et la Banque de France auprès de 1 967 chefs d’entreprise (représentant un total de 81 500 salariés), une nouvelle décélération de la croissance a été enregistrée l’an dernier en Haute-Garonne, contrairement aux prévisions plus optimistes formulées initialement par les dirigeants. « Au départ, ils prévoyaient une croissance d’activité moyenne de 3,4 %, rappelle Didier Katzenmayer. Finalement, elle a été limitée à 1,2 % dans le territoire. » La conséquence d’une demande affaiblie, dans un environnement toujours très incertain sur les plans politique, économique, budgétaire, fiscal, mais aussi géopolitique et douanier. Dans le détail, si la filière aéronautique – particulièrement structurante en Haute-Garonne, autour du géant européen Airbus et de sa supply chain, chaîne de sous-traitance partenariale – a bondi de 4 % l’an dernier, les autres secteurs ont enregistré des hausses plus mesurées (1,9 % dans les services), voire des baisses (- 0,1 % dans le commerce et - 1,6 % dans le BTP et l’immobilier). Dans ce contexte, l’emploi a globalement résisté, affichant une hausse moyenne de 0,8 %. « L’industrie et les services en particulier ont joué la carte de l’anticipation en recrutant, constate Didier Katzenmayer. L’économie est basée sur la confiance. Les entrepreneurs ont retenu la leçon du Covid et de la perte de compétences qui avait eu lieu à l’époque. Désormais, ils jouent gagnants ! » Et Christine Bardinet d’ajouter : « Nous avons constaté chez certaines entreprises du territoire une contraction de l’intérim au profit de recrutements internalisés. Leur objectif étant de disposer de ressources humaines pérennes en vue d’une reprise d’activité. »
… et des prévisions 2026 difficiles à établir
« Les perspectives 2026 sont relativement instables puisque tous les matins, nous pouvons découvrir à la télévision ou dans les journaux des évolutions qui ne vont pas forcément dans le sens de rassurer les uns ou les autres », convient Didier Katzenmayer, qui évoque des conséquences potentielles du conflit au Moyen-Orient, liées en particulier aux approvisionnements et à l'énergie. Réalisée juste avant le début de la guerre, l’enquête conjoncturelle départementale tablait sur une croissance annuelle de 4,5 % et des intentions d’embauche en hausse de 1,6 % pour 2026. Mais qu’en est-il aujourd’hui et – surtout –qu’en sera-t-il demain ? « Nous n’avons pas de boule de cristal…, relève l’élu consulaire. Mais ce qui est certain, c’est que les entreprises du territoire avaient commencé l’année dans un climat de confiance. Avant le début du conflit, 48 % des dirigeants interrogés croyaient en l’avenir de leur entreprise et 31 % en celui de leur secteur. » Par ailleurs, 65 % d’entre eux témoignaient de situations financières saines. À cela s’ajoutent les importantes perspectives de croissance du secteur aéronautique. « Il faut voir le verre à moitié plein, martèle Didier Katzenmayer. Aucun indicateur ne nous montre une régression à venir du trafic aérien. Par ailleurs, la séquence municipale étant terminée, il va y avoir davantage de travail pour le secteur du BTP. » Et le représentant consulaire de conclure : « Depuis le Covid, nous avons tous compris que la résilience devait faire partie intégrante de notre ADN. Alors soyons prudents, bien sûr, mais restons positifs ! »
*Il est par ailleurs président de l’UIMM Occitanie et directeur aux affaires industrielles d'Airbus Operations SAS











