Bichoi Metias (Cykero) : « Nous incarnons une nouvelle vision de l’industrie du reconditionné »
Président fondateur de Cykero, Bichoi Metias évoque en exclusivité pour La Lettre M les ambitions de l’entreprise franco-allemande spécialisée dans le reconditionnement d’appareils numériques qui va implanter sa future unité industrielle dans la métropole montpelliéraine.
Fin 2024, vous avez officialisé le transfert à Castelnau-le-Lez, près de Montpellier, du siège social de la filiale française de votre entreprise. Pour quelles raisons ?
J’ai créé Cykero en 2020 dans mon garage à Berlin. Mon entreprise est spécialisée dans le reconditionnement premium d’appareils numériques : tablettes, smartphones ou ordinateurs portables… Nous proposons un haut niveau de qualité, équivalent à celui de produits neufs en augmentant la durée de vie des produits que nous recyclons. De fait, nous avons souhaité avec mes associés, Romain Palanques et Florian Humez, transféré nos activités et notre savoir-faire en France. Le choix de la métropole montpelliéraine s’est très vite imposé à nous. C’est en effet un territoire propice à l’innovation avec un gisement important de talents. Montpellier s’est très vite démarqué d’autres destinations potentielles.
Comment cela s’est-il traduit ?
Nous avons pu bénéficier d’un accompagnement complet de la part de la Région Occitanie, de l’agence de développement Ad’Occ et de la Métropole de Montpellier. Cela a clairement fait la différence avec l’offre proposée par d’autres territoires. La capitale héraultaise présente également des atouts significatifs liés à sa position géographique stratégique au Sud de l’Europe. Cela constitue un plus indéniable pour y organiser notre logistique et accéder à des marchés tels que l’Espagne, le Portugal ou l’Italie. Au-delà de cette implantation, notre ambition est de travailler avec d’autres acteurs locaux en vue de créer un véritable écosystème innovant. Concernant Cykero, nous souhaitons positionner à terme l’entreprise comme un acteur européen de référence dans le reconditionnement d’appareils électroniques.
Six ans après la création de Cykero, quelle est sa dynamique ?
Cykero enregistre une croissance annuelle soutenue avec un chiffre d’affaires de 25 M€, un effectif de 40 salariés et près de 10 000 appareils reconditionnés tous les mois. L’inauguration de notre unité de conditionnement prévue en février 2027 au sein de la Zac Euréka de Castelnau-le-Lez devrait nous permettre d’atteindre un rythme de production mensuel de 40 000 appareils avec une équipe de 160 personnes. Au-delà de nos produits, nous proposons une gamme de prestations annexes, telles que des services financiers et d’assurance, avec une garantie de deux ans. Cykero a par ailleurs développé une gamme d’accessoires avec des groupes spécialisés dans le luxe, tels que Chanel ou LVMH.
Quelles seront les spécificités de votre future usine ?
Ce Technocentre 5.0 dont nous avons lancé la construction en septembre dernier va tout d’abord mobiliser un investissement de 20 M€. Le financement est assuré sur nos fonds propres ainsi que par différents partenaires publics et privés : des business angels, Bpifrance, trois établissements bancaires, la Métropole de Montpellier et la Région Occitanie. Nous avons également bénéficié du soutien de l’État en étant lauréat de l’appel à projets « Première usine ». Plus concrètement, cette unité industrielle de 3 700 m2 va intégrer des technologies innovantes telles que l’intelligence artificielle, la robotique avancée et un système de traçabilité blockchain pour les processus de reconditionnement. L’objectif est d’assurer à nos clients – professionnels et particuliers – une traçabilité totale de nos méthodes de reconditionnement en proposant un QR code intégrant l’ensemble des informations clés de l’appareil. Le site comprendra également un centre de R&D qui permettra de collaborer avec les universités et les laboratoires de recherche du territoire. Plus largement, ce projet incarne une nouvelle vision de l’industrie du reconditionné : performante, responsable et résolument européenne. Nous voulons créer ici une filière pour donner une deuxième vie aux appareils électroniques. Il s’agira également de développer une économie circulaire respectueuse de l’environnement et proposant des emplois de qualité. À terme, nous visons un chiffre d’affaires de 100 M€.











