Le numérique, allié ou ennemi de la transition écologique ?
À la demande des ministères chargés de l’Écologie et du Numérique, l’Ademe a mené une étude nommée IT4Green visant à évaluer les impacts environnementaux du numérique. Avec des résultats nuancés puisque le digital, s’il peut constituer un outil favorisant la transition écologique, est aussi facteur d’émissions de carbone.
Le numérique est-il un allié objectif de la transition écologique ou – au contraire – un facteur d’émissions de carbone ?
Sans surprise, la réponse apportée par l’Ademe au travers de cette nouvelle étude publiée en novembre est nuancée. Côté pile, les solutions numériques peuvent en effet, selon l’agence publique, « contribuer à réduire certains impacts environnementaux », même si « ces bénéfices ne sont ni automatiquement garantis ni généralisables ». Et de citer les effets relativement vertueux du télétravail, principalement liés à la réduction des trajets domicile-travail et à la limitation d’utilisation de ressources fossiles, mais aussi de la transformation de l’éclairage public en milieu urbain ou même, dans le secteur agricole, des solutions d’optimisation des engrais azotés.
Attention à l’« effet rebond »
Côté face, cependant, l’Ademe met en garde contre les effets potentiellement négatifs du numérique en matière écologique, révélant « des points de vigilance à presque toutes les solutions numériques analysées, qui peuvent fortement fragiliser, voire annuler, les bénéfices environnementaux initiaux ». Selon cette étude, le premier risque majeur est celui d’une augmentation de la dépendance en ressources en métaux et minéraux, liée à la généralisation des outils numériques. Le second écueil est « l’effet rebond », susceptible de transformer in fine un gain en surcoût environnemental, « lorsque l’économie réalisée par une solution numérique – temps, carburant, argent – incite les acteurs à consommer davantage ». Pour Erwann Fangeat, qui a coordonné l’étude, ces enseignements doivent amener les acteurs économiques et la société dans son ensemble à « dépasser le mythe d’une unique solution numérique miracle ». Et de conclure : « Le numérique peut être un allié, à condition de le piloter avec sobriété, d’anticiper ses potentiels effets néfastes comme le rebond et de l’inscrire dans une stratégie de transition globale plutôt que de le voir comme un unique levier d’optimisation. Se contenter de ce seul levier serait une erreur ; l’urgence est d’investir dans des efforts de décarbonation et d’économies de ressources bien plus profonds. Il s’agit de choisir le juste niveau de technologie au service d’un besoin réel, et non l’inverse. »











