André-Hubert Roussel (Latécoère) : « Notre priorité ? Livrer nos clients à l’heure et au niveau de qualité attendu »
Nommé en fin d’année dernière à la tête de l’équipementier aéronautique toulousain Latécoère (5 400 salariés, CA 2024 : 705,8 M€, en croissance de 13,4 %), André-Hubert Roussel évoque pour La Lettre M les grandes lignes de sa feuille de route stratégique. Un défi de taille pour l’ancien directeur des opérations d’Airbus Defence and Space, qui a par ailleurs piloté ArianeGroup.
Vous évoluez dans l’univers de l’innovation, de l’aéronautique et de la Défense depuis 35 ans. Quelles sont les grandes étapes de votre parcours ?
Diplômé de l’École polytechnique et de Télécom Paris, j’ai travaillé pendant la première partie de ma carrière dans le secteur de l’innovation, dans la recherche, la technologie et le développement, chez des acteurs comme Capgemini et Matra Communication. Puis j’ai notamment été responsable de l'ingénierie, des opérations et de la qualité pour la branche des systèmes spatiaux d'Airbus Defence and Space. Par la suite, de 2016 à 2018, j’ai été responsable des opérations d’Airbus Defence and Space, accompagnant en particulier les livraisons de l'avion A400M. Enfin, avant de me lancer dans l’aventure Latécoère, j’ai été pendant quatre ans, de 2019 à 2023, président exécutif d’ArianeGroup, maître d'œuvre des lanceurs de satellites Ariane et des missiles de dissuasion nucléaire française.
Pourquoi avoir fait le choix de prendre les rênes de Latécoère, un groupe qui connaît des difficultés financières depuis plusieurs années ?
J’y ai vu un formidable challenge. Latécoère, c’est une entreprise iconique, un symbole de l’industrie française et européenne. Ce groupe fait partie de l’Histoire, et les personnes qui y travaillent aujourd’hui portent cet héritage. Lorsqu’on m’a proposé d’en prendre la direction, dans un contexte difficile, en effet, je me suis dit que je pouvais peut-être lui apporter quelque chose… Les problèmes rencontrés par l’entreprise ne sont pas d’ordre technique ; ce sont principalement des sujets de coopération, à la fois en interne et en externe.
Quelles sont vos priorités stratégiques ?
Tout d’abord, il s’agit de restaurer la confiance de nos clients. Pour cela, nous devons recommencer à livrer les produits à la fois au moment attendu et au bon niveau de qualité. Cela permettra au groupe (qui a enregistré 705,8 M€ de chiffre d’affaires l’an dernier, en croissance de 13,4 %, avec un Ebitda récurrent de 25,7 M€, mais une perte nette de 61,9 M€, NDLR) de regagner de l’argent et d’être en capacité de réinvestir pour l’avenir. Cette année, notre priorité est aussi d’améliorer notre rentabilité. Nous allons y arriver !











