À Toulouse, les industriels partagent leurs actions de décarbonation
Lors de l’événement Je décarbone, organisé à l’Hôtel de Région de Toulouse le 4 décembre, plusieurs industriels du territoire partagent leurs initiatives visant à réduire la consommation d’énergie de leurs entreprises. Ainsi, Christophe Barbier, président de la Scop La Fabrique du Sud (11), qui fabrique des glaces artisanales, indique avoir investi en juin 2023 dans un système de refroidissement par circulation d’eau froide, permettant d’économiser 73 % de m3 d’eau par an. Quant à Simon Augereau, dirigeant de l’entreprise de transformation de volaille Fermiers du Gers, il annonce un projet en cours destiné à supprimer la consommation de gaz naturel, dont le coût « représente 0,7 % du chiffre d’affaires sur quatre ans ».
« Nous avions un sentiment de gâchis »
Selon Christophe Barbier, le nouveau système mis en place par la Scop a permis de réaliser 12 k€ d’économies annuelles. « L’investissement sera rentabilisé au bout de cinq ans », estime-t-il, précisant que « l’outil génère en contrepartie un coût supplémentaire sur le réseau électrique ». Basée à Carcassonne, « dans un département sensible au stress hydrique », l’entreprise compte une vingtaine de salariés et 3,5 M€ de chiffre d’affaires. « Depuis notre création en 2014, nous utilisions de l’eau potable qui était rejetée. Nous avions un sentiment de gâchis. Il a fallu attendre presque dix ans pour pouvoir acheter du nouveau matériel ».La Scop audoise poursuit son action de décarbonation et attend les résultats d’un audit pour « connaître les sources de gains énergétiques, notamment sur l’isolation des chambres froides ».
Supprimer l'énergie fossile
D’autres industriels de la région tentent de mettre en place des projets de décarbonation, à l’instar de l’ETI Fermiers du Gers, qui compte 280 salariés, enregistre 92 M€ de chiffre d’affaires et transforme 18 millions de volailles chaque année. « Nous avons profité du lancement de travaux d’agrandissement de notre site de Condom pour réfléchir à quelque chose de nouveau », raconte Simon Augereau. Après avoir analysé son « état zéro » pour « bien estimer l’avancement », l’entreprise lance son projet de diminution de sa consommation d’énergie fossile en quatre phases. « Nous en sommes actuellement à la troisième étape, poursuit-il. Lors du bilan de la phase 2, nous avons constaté une diminution de notre consommation de gaz naturel de 23 %, alors que les volumes de production avaient augmenté de 17 %, ce qui représente un gain net de 33 % et confirme la construction du projet. » L’ETI annonce être accompagnée par l’agence de l’eau dans la phase pilote d’un nouveau projet de traitement et réutilisation de l’eau, qui permettrait de recycler 40 % de l’eau du site.
Un bilan carbone annuel
Quant à l’entreprise haut-garonnaise Nutrition et Santé (1 480 salariés, 399 M€ de CA), basée à Revel, elle annonce réaliser tous les ans un bilan carbone depuis 2020 afin d’améliorer la fiabilité de la mesure de son empreinte. « Nous avons pour objectif de réduire les émissions de GES des scopes 1 et 2* de 46,2 % d’ici à 2030, et celle du scope 3 de 28 % », précise Camille Lemouzy, responsable RSE du groupe agro-alimentaire. Nutrition et Santé a donc établi une feuille de route qui concerne l’éco-fabrication, les achats responsables, l’éco-conception de recettes et d’emballages et l’optimisation du fret. Pour faire vivre cette feuille de route, Camille Lemouzy indique aussi avoir formé l'ensemble de ses salariés en 2024.
* Les scopes 1, 2 et 3 représentent les différentes grandes catégories d'émissions de gaz à effet de serre d'une organisation. Le scope 3 comprend souvent la très grande majorité des émissions induites et donc des actions pouvant être mises en place pour agir pour le climat.











