Valérie Létard (ministre du Logement) : « Je vais me battre pour gagner le pari de la relance »
Dans un contexte tendu pour le secteur du logement social, le congrès national HLM qui s’est tenu à Montpellier du 24 au 26 septembre fera date, avec une hausse de 10 % de sa fréquentation et la venue de la nouvelle ministre du Logement et de la Rénovation urbaine. « Je me battrai et serai à vos côtés pour gagner le pari de la relance du logement », a-t-elle assuré lors de la clôture du congrès sans faire pour autant d'annonces concrètes. Forte d’un ministère « de plein exercice », elle concède que ce dernier « ne suffira pas à tout résoudre, mais peut aider à trouver des outils et mener des actions. Il faut se pencher sur les solutions et montrer qu’une voie est possible. Il y a urgence ! »
Une méthode : la coconstruction
Ex-assistante sociale, la ministre s’est toujours mobilisée au sujet du logement en tant qu’élue. Selon elle, « la crise du logement est le symptôme de causes profondes d’un bout à l’autre de la chaîne. Le logement est devenu inadapté aux besoins et aux salaires des Français », indique-t-elle devant tout l’écosystème national du logement social : bailleurs sociaux, financeurs, entreprises, promoteurs, élus... Pour offrir des logements accessibles, abordables à proximité de zones d’emploi et de vie, la ministre va développer sa « méthode » pour trouver des solutions efficientes. Elle va s’appuyer sur « la coconstruction sur la base du dialogue » avec l’ensemble des acteurs du secteur, « mais également avec tous ceux qui ont de bonnes idées et veulent faire pour avoir des résultats ». Dans ce contexte inédit de crise de l’immobilier, Valérie Létard estime que l’État doit aussi se questionner sur les fondamentaux. « Les leviers ne sont pas nombreux mais ils existent : le modèle du Livret A, la transformation des actifs (bureaux en logement, NDLR), l’ingénierie... Dès le lendemain du discours de politique générale du Premier ministre, il faudra trouver une nouvelle façon de penser pour construire le logement de demain. Il va falloir faire des choix difficiles mais je fais une promesse, celle de ne pas rompre le dialogue ... pour sauver le modèle du logement à la Française. »
Face aux inquiétudes
Plus largement, le 84e congrès HLM de l'USH 5union sociale pour l'habitat)était placé sous le signe de l’innovation. Avec un objectif : trouver des solutions pour faire face à la crise du logement. Une situation qui affecte à la fois les locataires en quête d’un logement, les accédants à la propriété mais aussi les entreprises du bâtiment, les promoteurs immobiliers et les organismes de logement social. Mais alors existe-t-il des solutions pour relancer la machine à construire ? : « Nous vivons des paradoxes, indique Serge Peu, député PCF qui a mené des travaux ayant abouti à 35 solutions pour sortir de la crise du logement. « Ce secteur a toujours plus rapporté que ce qu’il n’a coûté à l’État. Deuxième paradoxe, tous les acteurs de l’immobilier et de la société civile sont capables de trouver des consensus, alors qu’au niveau gouvernemental rien n'aboutit. Les travaux menés peuvent conduire à une proposition de loi transpartisane susceptible d’avoir une majorité au parlement pour relancer la production HLM et l’accession à la propriété », estime cet élu. « Même en appliquant de nouvelles mesures, leurs effets ne se manifesteront pas avant quatre ou cinq ans. La crise est devant nous », s’inquiète Thierry Repentin, maire de Chambéry dans l'Isère, qui voit monter la colère des habitants. « Des salariés sont contraints de dormir dans leur voiture faute d’un logement. Pire, des jeunes abandonnent leur projet d’études faute de pouvoir accéder à un logement », pointe Inaki Echaniz, député socialiste des Pyrénées-Atlantiques.
Des solutions
Présent, Olivier Salleron, président de la fédération du bâtiment appelle à « des mesures pour relancer l’épargne vers le logement et fluidifier le parcours résidentiel avec le PTZ (prêt à taux zéro), dont les maisons individuelles ont été exclues, un prêt à taux bonifié. Il faut une alternative au Pinel pour les bailleurs privés. Enfin, il faut supprimer la RLS (réduction du loyer de solidarité) pour relancer la production de logement sociaux ». Pour Serge Peu, « il faut revenir sur une TVA à 5,5 %, car le logement est un produit de première nécessité ». Alain Taravella, président du groupe Altarera veut d’abord « interroger les maires et les architectes pour savoir pour qui et quel produit construire aujourd’hui. On produit des logements libres et social beaucoup trop cher depuis 10 ans. Il faut lancer des formules avec l’aide des banques pour que les mensualités se rapprochent des loyers ». Le député Horizons de l’Indre, François Jolivet, propose pour sa part de « tester des solutions sur un année comme le PTZ, la donation... pour donner un signal notamment aux jeunes ». pour la sénatrice des Alpes-Maritimes, Dominique Estrosi-Sassone : « Il faut stopper la pression des meublés de tourisme et face à la crise du logement réfléchir sur les logements G et F pour les ouvrir à l’investissement locatif des particuliers avec l’attrait d’un crédit d’impôt par exemple, réviser la TVA et redonner des fonds propres aux bailleurs ». Le maire de Chambéry, comme celui de Montpellier, Michaël Delafosse, est aussi favorable à une aide aux maires bâtisseurs et de « redonner aux maires le droit à l’expérimentation. On vit des situations avec des entreprises qui ferment fautes de salariés car ils ne trouvent pas à se loger ».










