À Toulouse, Evotec déploie sa nouvelle usine de biomédicaments à 300 M$
Le groupe pharmaceutique allemand Evotec inaugure le 20 septembre à Toulouse sa nouvelle unité « J.POD » de Just - Evotec Biologics (15 000 m2), dédiée à la production de biomédicaments. Le fruit d’un investissement global de « près de 300 M$ », indique le groupe. Une enveloppe « comprise entre 250 et 280 M€ », précise à La Lettre M Pierre Cooremans, DG d’Evotec France. L’opération, qui a généré la création de 120 emplois – « et jusqu’à 200 à terme » –, a bénéficié du soutien de l’État à hauteur de 43 M€, ainsi que d’une enveloppe de 6 M€ de la Région Occitanie. « Nous avions ici le foncier disponible, un écosystème puissant et le soutien des institutions », résume le dirigeant pour justifier le choix de l’implantation du site.
Le choix de Toulouse
Et Christian Wojczewski, PDG d’Evotec, présent dans la Ville rose pour l’occasion, d’ajouter : « Après celle de Seattle, mise en service en 2017, c’est notre seconde usine de ce type dans le monde. Ici, nous écrivons le futur ! » La particularité de cette unité de fabrication d’anticorps, qui – après une phase de qualification et de certification – devrait être mise en service productif au deuxième semestre 2025 ? Le déploiement d’un processus modulaire et continu visant une fabrication à haute intensité de produits biologiques en quantités flexibles qui permet d’espérer une capacité de production maximale annuelle comprise entre 2 et 2,5 tonnes et « un coût de revient de 50 $ par gramme, ce qui est 75 % moins cher que le prix du marché », indique Linda Zuckerman, vice-présidente exécutive et Global Head of Biotherapeutics chez Just - Evotec Biologics.
Présent lors de l’inauguration, Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole, vante la richesse de l’écosystème du Campus Santé du futur - Oncopole, qui accueille cette nouvelle usine XXL. « Sur cette empreinte foncière de 220 hectares, nous voyons clairement un continuum entre des équipes de recherche et des équipes de soin, sans oublier bien entendu les structures de formation, explique l’élu. Ce projet porté par Evotec est unique en son genre en Europe. C’est une chance extraordinaire que le choix se soit porté sur Toulouse. »
Un contrat de filière régional de 150 M€
Pour Jalil Benabdillah, vice-président de la Région Occitanie délégué à l’économie, à l’emploi, à l’innovation et à la réindustrialisation, la création cette nouvelle unité de production s’inscrit dans un contexte plus global. « La crise du Covid nous a montré les faiblesses de notre système de santé, avec une grosse prise de conscience quant à la nécessité de renforcer cet écosystème, analyse-t-il. C’est la raison pour laquelle la Région va voter le 14 novembre prochain un contrat de filière dédié à la santé, doté d’une enveloppe globale de 150 M€, dont 70 M€ d’aides directes, 50 M€ fléchés vers la recherche et 30 M€ consacrés à la formation. » Pierre-André Durand, préfet de la région Occitanie et préfet de la Haute-Garonne, acquiesce : « La crise sanitaire nous a en effet profondément fait réfléchir à notre souveraineté, à notre indépendance, particulièrement dans le domaine de la santé. Nous nous sommes aperçus que nos industries n’étaient pas toujours en mesure de produire localement les médicaments dont nous avons besoin. Cette relocalisation s’est faite ici, dans un territoire pionnier ; c’est un choix pertinent et logique qu’Evotec a opéré. »
Cet été, le groupe allemand a annoncé la signature de deux accords stratégiques, respectivement avec les groupes Pfizer et Sandoz. Evotec a enregistré 781 M€ de chiffre d’affaires l’an dernier.











