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Haute-Garonne
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Syndicats - Fédérations - Associations
| 24/06/2024

Pour Pierre-Olivier Nau, président du Medef 31, « les programmes des extrêmes sont dangereux pour l’économie »

© Alain le Coz

Dans le cadre des élections législatives, Pierre-Olivier Nau, président du Medef de la Haute-Garonne, qui fédère 750 entreprises représentant plus de 76 000 salariés, souhaite mettre en garde contre les programmes du Rassemblement National et du Nouveau Front Populaire, qu’il juge « dangereux pour l’économie ». L’élu patronal, qui préside par ailleurs le groupe toulousain Manatour (tourisme industriel, scientifique et culturel), assure que les deux programmes présentent « un vrai risque vital pour les entreprises ». Interview exclusive.

Vous lancez un appel aux chefs d’entreprise du territoire, et plus largement aux électeurs, pour mettre en garde contre les programmes du Rassemblement National et du Nouveau Front Populaire, dans le cadre des élections législatives anticipées. Pourquoi cet engagement, en tant qu'organisation patronale ? 
Parce qu’après la sidération, beaucoup de nos adhérents ont exprimé une inquiétude forte. Cela nous incite aujourd’hui à prendre la parole. Par ailleurs, à la lecture des programmes du Rassemblement National et du Nouveau Front Populaire, nous ressentons un vrai sentiment de danger pour la vie de nos entreprises. Même si nous n’étions pas à 100 % ravis de ce qui se passait avec le gouvernement actuel, il est clair que plusieurs réformes allaient dans le bon sens, à l’image de celle des retraites. Nous appelons aujourd’hui les électeurs à faire un choix raisonnable. Pour les entreprises, il y a un vrai risque vital dans les programmes des extrêmes. 

Dans le détail, que reprochez-vous aux programmes économiques de ces deux forces politiques ? 
D’une part, l’extrême gauche constitue un ensemble parfaitement dominé par La France Insoumise. Ils sont, si ce n’est dans une démarche de nationalisation, au moins dans une logique d’ingérence vis-à-vis de l'entreprise. Leur programme obère largement la liberté d’entreprendre. Pour évoquer des mesures précises, je pense notamment au Smic à 1 600 euros et à l’indexation des salaires sur l’inflation, mais aussi au retour de la retraite à 60 ans et, en ce qui concerne directement notre territoire, au moratoire sur l’A69 et à un certain manque de clarté sur le nucléaire – je pense ici à la centrale de Golfech (dans le Tarn-et-Garonne, NDLR).

Et concernant le Rassemblement National ?
Tout d’abord, il y a dans le programme de l’extrême droite un manque de clarté, des allers et retours sur tout, notamment sur la retraite… Or, les chefs d’entreprise ont besoin de visibilité. Par ailleurs, ce programme pose d’énormes problèmes en termes de financement, et l’arrivée au pouvoir du Rassemblement National génèrerait de la défiance sur les marchés étrangers, ce qui serait bien entendu mauvais pour le business international. D’autre part, la suppression de la TVA sur les produits de première nécessité aboutirait directement à des impôts supplémentaires pour les entreprises. Enfin, ce programme renvoie un message anti-européen. J’ajoute que les valeurs de certains électeurs de l’extrême droite vont à l’encontre de celles de l’entreprise, qui est un lieu d’inclusion et de partage, un sanctuaire dans lequel la question de la couleur de peau ou de la religion n’entre pas du tout en jeu.

Propos recueillis par Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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