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Energies
| 31/05/2024

Montpellier au cœur des enjeux liés au développement du photovoltaïque

© VC

Organisé le 30 mai à Montpellier par le syndicat des énergies renouvelables (Ser), le 9ème colloque national dédié au photovoltaïque a rassemblé près de 500 acteurs nationaux de la filière autour de la thématique « Photovoltaïque : anatomie d’une ère nouvelle. » Si Jules Nyssen, président de l'organisation professionnelle a pointé le retard de la France sur les autres pays européens, avec ses 3 GWc installés, « contre 14 GWc en Allemagne », le rendez-vous a permis d'aborder les enjeux liés à la tarification ou à l’agrivoltaïsme, dans un contexte local et régional où la métropole de Montpellier et la Région Occitanie affichent leurs ambitions en vue d'accélérer la transition énergétique.

Illustration avec l'annonce du lancement par la métropole héraultaise d'un appel à manifestatioon d'intérêt portant sur la solarisation pour l’aider solariser des toits de bâtiments publics. Du côté d ela Région, des actions sont engaées dans le domaine des gigfactories (panneaux solaires, recyclage), de l’IA et de l’agrivoltaïsme. Plus largement, les enjeux de massification de l’énergie sont au cœur du développement du ephotovoltaïque. Maire de Montpellier et président de Montpellier Méditerannée Métropole, Michaël Delafosse évoque « un mur d’investissement » pour atteindre les objectifs de transition énergétique. L'élu se dit même convaincu que « les collectivités ne pourront pas tout assumer et qu’il faut l’appui d’investisseurs, auxquels on doit de la lisibilité. »  

Des gisements identifiés
De fait, le secteur du solaire est confronté à la problématique des disponibilités foncières en vue de l'implantation de nouvelles centrales. L'occasion pour Michaël Delafosse de  clarifier sa position dans ce domaine. « Nous avons travaillé sur l’identification de zones où nous acceptons des champs de panneaux solaires. Nous posons nos réserves sur d’autres, comme les parkings qui constituent nos gisements fonciers de logement, précise-t-il  regrettant que « des projets se heurtent à des tensions, comme celui la décharge du Thôt qui pourrait accueillir un projet énergétique. La métropole est responsable de 1M de m2 de bâtiment, aussi, nous allons lancer un appel à manifestation d’intérêt pour solariser certains espaces car notre régie ne peut pas tout faire. » Malgré la nécessité d'adopter une « démarche de sobriété », l'édile a également rappelé le besoin de plus en plus important d'énergie électrique en lien avec l'installation de bornes de recharge pour véhicules électriques par le prestataire E-Totem, ou encore l'achat par la collectivité de bennes à ordure électrique pour assurer la collecte des ordures ménagères. 

Paradoxe
« Nous vivons un paradoxe en France avec un volontarisme affiché via les gigafactories et des ambitions évidentes dans les EnR, mais nous restons au 6e rang européen au niveau de la puissance installée, précise Jules Nyssen, avant d’interpeller les pouvoirs publics. Ne venez pas briser la dynamique du solaire avec l’agrivoltaïsme. Le coût budgétaire du développement des énergies photovoltaïques ne représente pas grand chose face au coût du changement climatique.» Celui-ci a profité de l’occasion pour présenter les travaux conduit par le Ser : nouvel arrêté tarifaire, zones non interconnectées, autoconsommation, biodiversité, accès au foncier, installations solaires au sol, zones d’accélérations. Il a conclu ses propos sur l’agrivoltaïsme - en appelant les acteurs du photovoltaïque à ne pas « trop faire fantasmer les agriculteurs » -, le pacte solaire, les enjeux de souveraineté ou encore les futures règles NZIA (règles européennes des procédures marché et appels d’offre).  

Véronique Coll - coll@lalettrem.net
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