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Transports - Logistique
| 17/04/2024

Railcoop devrait être liquidée le 29 avril

© Railcoop

Placée en redressement judiciaire depuis le 16 octobre 2023, la coopérative ferroviaire lotoise Railcoop devrait être liquidée le 29 avril, date à laquelle le tribunal de commerce de Cahors rendra son délibéré. L’issue est quasi certaine, au terme de l’audience du 15 avril et du dossier. « Le redressement avait permis de stabiliser la situation, mais il nous fallait céder deux rames », précise Nicolas Debaisieux, DG de la coopérative et président depuis l’été 2023. En raison d'un contentieux avec son prestataire ACC M, restaurateur ferroviaire, Railcoop n'a pu procéder à cette vente. Créée fin 2019 et basée à Figeac, Railcoop compte 15 000 sociétaires ; elle avait déjà levé 10 M€ en parts sociales et titres participatifs.

« Nous avions une divergence avec ACC M sur un contrat de stockage des rames, les conditions de signature et les montants réclamés au titre de ce contrat (880 k€, NDLR) », détaille Nicolas Debaisieux. Par une décision du 21 mars 2024, le tribunal de commerce de Clermont-Ferrand, saisi par Railcoop, a donné tort à la coopérative, qui a décidé de faire appel. « Cependant, le tribunal a reconnu qu’une partie de ce que l’ACC M nous avait facturé n’était pas légitime, complète-t-il. Aujourd’hui, seuls 160 k€ seraient directement éligibles. »

« L’absence de soutien de l’État »
Selon le président de Railcoop, « l’absence de soutien de l’État » est l'une des raisons de l’échec du projet : « Le financement de la rénovation du matériel roulant était un gros sujet. Nous avions sollicité à plusieurs reprises l’État afin de bénéficier d’Eurofima, un mécanisme européen de PGE, mais l’État nous l’avait refusé, tout comme d’autres mécanismes. » La coopérative ferroviaire s’était donc tournée vers les Régions Nouvelle-Aquitaine et Auvergne-Rhône-Alpes – directement concernées par le service voyageurs Bordeaux-Lyon –, sans succès. « Nous avons cependant eu un soutien de l’Occitanie sur la garantie, une implication de la Région Grand-Est qui est devenue sociétaire et de la Région Bourgogne-Franche-Comté », précise Nicolas Debaisieux. Et de s’interroger : « Le marché du rail est ouvert depuis 2020 ; l’État aurait pu faire venir d’autres acteurs, mais ce n’est pas ce qu’il a fait. » 

L’échec du fret
Pour rappel, en avril 2023, Railcoop avait abandonné ses activités de fret, faute de rentabilité. D’après la coopérative, le fret avait un double objectif : répondre à la mission de renforcement de l’usage du ferroviaire dans le territoire et permettre de structurer le système de gestion de la sécurité en vue d’aller vers le ferroviaire. « Le fret a couté un peu plus de 3 M€, un montant correspondant à notre business plan initial, détaille le DG. Mais la croissance des recettes sur le fret a été beaucoup plus lente que prévue et nous avons rencontré des difficultés à réunir les financements pour lancer l’activité voyageur dans les temps. » Ces deux facteurs ont conduit à une situation financière difficile, menant probablement à la liquidation de l’entreprise. 

Une envie de poursuivre le projet
Pour Philippe Bourguignon, administrateur de Railcoop et président de l’automne 2022 à l’été 2023, le contexte a totalement changé ces cinq dernières années : « On parle beaucoup plus d’environnement, le train a pris une place qu’il n’avait pas du tout à l’époque. Cela se traduit par le fait que les sociétaires ont vraiment envie de poursuivre le projet. » Et Nicolas Debaisieux de compléter : « Il y a une réelle attente pour avoir des offres ferroviaires dans les territoiresSur la forme, la Scic est liquidée, mais le fond du projet reste porté par une communauté fortement engagée. »

Laurie Correia / correia@lalettrem.net
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