À Toulouse, l’Icam a imaginé une solution robotique pour faciliter la production industrielle
Le site toulousain de l’Institut catholique d’arts et métiers (Icam), qui compte 1 050 apprenants, développe une plateforme robotique d’opération de dévracage, présentée récemment aux industriels et sur laquelle ont travaillé depuis 2022 quatre duos d’étudiants sous la responsabilité d’une cheffe de projet. Actuellement en phase de prototypage, elle est initiée par le pôle Service aux entreprises, qui lance une cinquantaine de projets par an. « Nous formons les élèves de 5e année grâce à des projets confiés pendant un semestre par des entreprises locales contractualisées », explique à La Lettre M Martin Rallier du Baty, responsable du pôle. Les entreprises vont de la start-up au grand groupe, comme Seb, Envie et Pierre Fabre.
Obligation de résultat
Depuis quinze ans, le lancement de ce type de projet répond au même processus : « Nous qualifions d’abord le besoin avec le chef de projet et le chargé d’affaires, avant d’émettre une proposition au client et de confier le projet à deux étudiants, à la suite d’un entretien d’embauche », détaille le responsable, qui insiste sur l’obligation de résultat. Le rendu exigé peut être un prototype, un code informatif, un logiciel... Pour la société, la facture s’élève en moyenne à 25 k€. « Ce qui séduit les entreprises, c’est notre souplesse, estime Martin Rallier du Baty. Nous acceptons que le client soit dans une phase de R&D qui n’est pas figée. Nous l’ajustons pendant six mois. » Autre avantage : la société récupère la propriété intellectuelle du projet. « Nous n’avons pas vocation à revendre les projets puisque notre objectif est de former nos étudiants », justifie le responsable. Enfin, l’Icam revendique la transversalité possible entre les sept thématiques proposées par cette école d’ingénieurs généraliste, qui bénéficie aux clients.
S’adapter aux besoins des entreprises
Pour Martin Rallier du Baty, il est nécessaire d’ajuster en permanence le programme de l’école afin de s’adapter à l’évolution des besoins des entreprises. Depuis quelques semaines, dans la salle d’intégration du campus trône la nouvelle plateforme robotique d’opération de dévracage, produite grâce à une IA et accessible à tous les industriels. Elle est capable de détecter une pompe à savon, de la récupérer et de l’installer sur la chaîne de production, à partir d’un capteur de vision qui va prendre en photo l’objet et détourer la zone produit. Cette innovation permet de remplacer l’opérateur en début de ligne, qui effectue une tâche répétitive « à faible valeur ajoutée » et peut développer des troubles musculo-squelettiques. « La solution a été demandée par une grande industrie pharmaceutique », indique le responsable, sans préciser le nom du client. Pour l’heure, la plateforme robotique est toujours en phase de prototypage, les tests se poursuivant avec le client. D'après l'accord signé par les deux parties, l'entreprise va récupérer la technologie pour l’exploiter, mais l’Icam conservera la main afin de pouvoir la développer sur d’autres sujets pour de nouveaux clients : « Nous voulons développer une vraie technologie à proposer à différents industriels pour qu’ils puissent dévraquer n’importe quel type de pièce en début de ligne. » Prochain défi pour les étudiants : permettre à la solution de détecter des gobelets noirs.











