Yann Ferguson, sociologue : « Les jeunes veulent avoir un impact sur le monde »
À l'occasion du Forum économique de Toulouse, organisé le 4 octobre par la CCI de Toulouse et TBS Éducation, le sociologue Yann Ferguson (Icam – Certop, Université Toulouse II – Jean-Jaurès) revient sur le phénomène de quête de sens des salariés. « Aujourd'hui, les jeunes en particulier cherchent à avoir un impact positif sur le monde, analyse-t-il. Il veulent par ailleurs pouvoir exprimer leur individualité. À ce titre, dans le monde du travail, le principal facteur de souffrance est la qualité empêchée. » Pour le chercheur, « le mot “impact” peut aussi être compris comme le choc que l'on reçoit. Un choc devenu l'état permanent de la société. » La solution ? « Devenir anti-fragile, afin de se renforcer face aux chocs. »
Une série de chocs
Et le sociologue d’égrener les différents types de chocs qui influent potentiellement sur l'état d'esprit des salariés, mais aussi sur les modes d'organisation des entreprises. « Le choc sanitaire, bien entendu, qui nous a conduits à une expérimentation à grande échelle du travail à domicile et à la mise en avant de la notion de “travailleurs essentiels”, analyse-t-il. Mais aussi le choc technologique, qui nous amène à réfléchir aux qualités proprement humaines au travail. Sans oublier le choc écologique - la nouvelle génération veut faire partie de la solution, pas du problème - et le choc géopolitique. Et enfin, le choc générationnel. On dit que les jeunes sont individualistes ; de fait, c'est une génération qui a grandi avec des outils permettant de choisir ses “amis” sur les réseaux sociaux et de vivre des expériences centrées sur ses propres désirs et primant sur le réel. Aujourd'hui, les jeunes veulent être et aimer. »










