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Région Occitanie
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Agri - Agro
| 18/05/2021

Pourquoi l'Irqualim est vent debout contre le Nutri-Score

Créé en 1992 pour promouvoir en région les signes officiels d'identification de la qualité et de l'origine (Siqo), l’Institut régional de la qualité agroalimentaire (Irqualim, implanté à Toulouse et Montpellier) entre en résistance contre le Nutri-Score. Ses membres viennent en effet d’adresser un courrier aux députés d'Occitanie, dans lequel ils s’inquiètent des dérives de ce système d’étiquetage nutritionnel, que souhaite rendre obligatoire la Commission européenne d’ici à 2022. Aujourd’hui facultative, l'apposition de ce logo, basé sur une échelle de A à E, vise à informer le consommateur sur la qualité nutritionnelle des aliments. « Nos produits sous Siqo sont garants d’un savoir-faire et ne peuvent entrer dans ce type de notation ultra-simpliste, s’agace Jean Louis Cazaubon, président de l’Irqualim. Nous en demandons l’exemption. » Et d'ajouter : «  Le Nutri-Score ne prend pas en compte le niveau de transformation du produit. Vaut-il mieux choisir un soda light classé B car sans sucre mais avec édulcorant et conservateur ou un jus de pomme bio fermier non transformé qui, lui, sera classé C, un fromage à tartiner allégé classé B ou un Roquefort ou un Pélardon, pourtant garants d’un savoir-faire traditionnel mais qui seront classés D ou E ? » Un marketing punitif qui, selon l'Irqualim, pourrait détourner « le consommateur au profit de produits industriels dont la recette a été transformée pour être mieux notés ».

De lourdes conséquences économiques

D’autant que Bruxelles interdira également la publicité de produits mal classés. C’est donc toute une économie qui se trouverait menacée. « Le Roquefort, plus ancienne AOP de France (1925) représente 1 465 élevages (3 000 éleveurs), plus de 2 000 emplois directs, et environ 200 M€ de chiffre d’affaires », rappelle Sébastien Vignette, secrétaire général de la Confédération générale des producteurs de lait de brebis et des industriels de Roquefort. Pour ces éleveurs et producteurs, cette décision envisagée par Bruxelles va à l’opposé du bon sens puisque les modes d’élaboration des produits « traditionnels » et sous IG sont codifiés dans des cahiers des charges et des us et coutumes issus d’un patrimoine pédoclimatique, historique et culturel commun. Et Jean-Louis Cazaubon de rappeler : « Depuis trente ans, notre objectif avec l’Irqualim est de créer de la valeur ajoutée pour ces territoires. Ces produits aux recette ancestrales permettent aux hommes et aux femmes d’en vivre et ne sont pas délocalisables. »

* Roquefort, Pélardon, porc noir de Bigorre, veau du Ségala... : on compte actuellement 247 produits sous Siqo dans la région (une quinzaine est en cours d'agrément) : Appellation d’origine contrôlée (AOC), Appellation d’origine protégée (AOP), Indication géographique protégée (IGP), Spécialité traditionnnelle garantie (STG), Label Rouge, Agriculture biologique (AB).

Catherine Léhé / lehe@lalettrem.net
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