Les collectivités ont « des marges de sécurité »
Alors que des élus, à l'image de Michaël Delafosse, président de la Métropole de Montpellier, assument un niveau d'emprunt élevé au nom de la relance, « l’endettement des principales collectivités de la région a augmenté, mais n’a pas forcément été dépensé et reste disponible », analyse André Pezziardi, président de la chambre régionale des comptes (CRC) d'Occitanie. « Notre analyse budgétaire réalisée à la fin de l'été et au début de l'automne montre que les collectivités savent se préserver, sans doute aidées par l'obligation de présenter un budget à l’équilibre », observe le magistrat, rappelant que « l'inscription de l'emprunt » dans un budget primitif « ne donne pas toujours lieu à exécution ».
« Emprunts par anticipation »
Résultat, « ces emprunts par anticipation constituent des marges de sécurité, car ils finissent par participer au fond de roulement des collectivités », résume André Pezziardi, expliquant que « le vote tardif des budgets en juillet puis le reconfinement fin octobre » y sont pour beaucoup. Sur fond de crise sanitaire qui s'éternise, les 28 principales collectivités régionales (Région, conseils départementaux, Métropoles, Villes de plus de 100 000 habitants), observées ces derniers mois, n’ont d’autre choix que de reporter leurs projets pour « éviter des situations de tension budgétaire », note-t-il. En témoigne la Métropole de Toulouse, qui a repoussé de trois ans la mise en service de la troisième ligne de métro, « dont le calendrier initial (NDLR : 2025) ne nous a jamais convaincus à la Chambre », souligne-t-il. En attendant la reprise économique, les institutions les plus en danger sont, selon lui, les conseils départementaux, en raison de l'inévitable hausse des dépenses sociales attendue cette année.










