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Emploi / Numérique
| 17/12/2020

IBM Montpellier : 200 postes supprimés d'ici à fin 2021, selon les syndicats

L'américain IBM, qui souhaite se concentrer sur l'informatique dématérialisée, va supprimer en France 1 251 postes, soit un quart de ses effectifs, « d'ici à fin juin 2021 », annonce à La Lettre M le délégué syndical CGT Denis Gras, basé à Montpellier, le 17 décembre, au lendemain d'un CSE central à distance. Aucun chiffre n'a été donné site par site. A Montpellier, entre ce PSE et la scission en 2021 de l'activité data center, en perte de vitesse, « nous estimons qu'au total 200 postes seront supprimés », avance-t-il. Une centaine de salariés, proches de la retraire, sont prêts à quitter le navire, dans des conditions financières favorables. Mais leurs 350 collègues, en majorité des cadres, actuellement en télétravail, sont dans le flou. « Vont-ils être licenciés ou bien transférés vers Newco, la future entité qui doit récupérer le vieille industrie des data centers ? » se demande Yannick Édouard, délégué syndical CFE-CGC à Montpellier. Et ceux qui restent salariés d'IBM ? « Leur charge de travail va encore augmenter, à cause de ces plans successifs », assure-t-il.

Crispation

Le principal point de crispation concerne les départs contraints, envisagés s'il n'y a pas - au moins - 1 251 volontaires. « La direction peut éviter les licenciements contraints compte tenu de la pyramide des âges et de ses moyens financiers », croit Denis Gras. « Se séparer de 200 ou 300 personnes, comme ce fût le cas ces dernières annnés, IBM sait faire. Mais là, on sent qu’il y a de la tension entre direction et syndicats, car en une année on va supprimer ce qu’on supprime en trois ans », lâche de son côté Yannick Édouard. La direction, qui n'a pas répondu à nos sollicitations, compte organiser deux réunions de négociation avant le 7 janvier, date souhaitée pour obtenir la signature du PSE par les syndicats. « Tant qu’il y a des licenciements contraints, pas de signature, prévient-il. Si on ne signe pas, la Direccte pourrait refuser. Si le PSE est homologué, nous pourrions aller devant le tribunal administratif. » Une action qui serait menée, à l’échelle nationale, par l’avocate Aline Chanu, du cabinet parisien Lepany et Associés. Cette dernière avait fait annulé le PSE de 2016 qui prévoyait des licenciements contraints, rappelle Yannick Édouard. 

Unité

L'unité syndicale, au niveau national, est au rendez-vous. « IBM France est parfaitement capable de gérer sa transformation sans recours aux licenciements », lit-on dans un communiqué du 16 décembre cosigné par la CFDT, la CFE-CGC, la CFTC, la CGT et l'UNSA. Et à Montpellier, l'heure est à « l'interpellation » des collectivités, dont le « silence » inquiète Denis Gras. « L'an passé, IBM a fait beaucoup d’affichage avec ses actions de mécénat, notamment avec l'Institut Saint-Pierre à Palavas, rappelle-t-il. On dit que l'avenir de la France, c’est le numérique, mais pour IBM qui délocalise, c’est l'Europe de l’Est et surtout l'Inde, où se trouve la moitié de l’effectif mondial et où le code du travail a été suspendu pendant trois ans (pour relancer l'économie, paralysée par la crise, selon les autorités, NDLR). Ce n'est pas le modèle de développement économique que l'on veut donner à nos enfants. »

Déménagement imminent

Ces réorganisations bousculent en particulier les 450 salariés de Montpellier, les pieds dans les cartons. Un déménagement est en effet prévu de janvier à février. D'un côté, 160 postes de bureau vont être loués à Bureau and Co, qui gère l'immeuble Bellegarde à Castelnau-le-Lez. De l'autre, environ soixante personnes doivent s'installer dans un des bâtiments du site historique du Millénaire qui abrite un data center, complémentaire de celui de Grabels. Des travaux sont en cours pour l'adapter à la vie de bureau. « Il y aura une dégradation des conditions de travail car nous serons sur deux sites, distants d'un kilomètre, pointe Denis Gras. Une grande partie de la légitimité d’IBM à Montpellier, c’était sa capacité à recevoir des clients EMEA (Europe Middle East & Africa, NDLR). Cette activité est condamnée car nous n'aurons plus assez d’experts pour recevoir les clients et nos capacités d’accueil seront limitées dans la nouvelle installation. »

Cyril Peter / peter@lalettrem.net
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