Le casino Barrière de Toulouse s’attend à une année 2021 pire que 2020
Mise en place d’un contrôle renforcé de l’accès, limitation du nombre de clients grâce à une inscription préalable obligatoire, renforcement de la fréquence de la désinfection, promotion des outils numériques comme l'application TousAntiCovid, recommandation de la prise de température à l’entrée, etc. : tout était prêt pour une réouverture des quelque 200 casinos de France le 15 décembre. Mais le gouvernement en a décidé autrement, plongeant dans un grand désarroi cette filière qui représente 60 000 emplois (dont 15 000 directs) et génère « 1,4 Md€ de taxes et impôts chaque année, dont 400 M€ pour les collectivités locales », rappelle le syndicat professionnel Casinos de France. « Tous nos espoirs reposent désormais sur une réouverture le 7 janvier mais elle n’est pas garantie et, quoi qu’il arrive, au moins deux mois auront été perdus sur le nouvel exercice (qui court de novembre 2020 à octobre 2021, NDLR) donc nous savons que l’année qui arrive sera pire que la précédente », livre à La Lettre M Éric Darago, directeur général du casino Barrière de Toulouse.
Une perte de 30 % de chiffre d'affaires en 2019-2020
Ouvert en 2007 sur l’île du Ramier à Toulouse, l’établissement figurait en 3e position dans le dernier classement (2018-2019) des casinos de France grâce à un produit brut des jeux (PBJ*) à 51,1 M€. « Nous aurons perdu presque 30 % de notre chiffre d’affaires en 2019-2020 : - 28 % sur l’activité jeux, - 35 % sur la restauration et – 50 % sur le théâtre », évalue Éric Darago, dont l’établissement emploie 250 ETP. Et de poursuivre : « Les derniers mois ont été très difficiles à vivre, pour nos équipes comme pour nos clients qui attendent une réouverture aussi impatiemment que nous. Or nous savons d’ores et déjà que les contraintes seront très fortes et que nous ne retrouverons pas les niveaux d’activité antérieurs. Pour nous, rouvrir avec un couvre-feu qui nous empêche de travailler la nuit est synonyme d’une perte de moitié de notre chiffre d’affaires et donc d’une non-rentabilité. En 2019-2020 comme en 2020-2021, nous perdrons de l’argent. »
Pas de PSE engagé à Toulouse
Le DG du casino Barrière de Toulouse ne cache pas que « cette situation catastrophique pèse sur l’emploi. Des plans de sauvegarde de l’emploi sont engagés au sein du groupe Barrière, mais nous n’en sommes pas là à Toulouse. Pour l’instant, nous faisons face en n’ayant plus recours aux intermittents ni aux extras et en plaçant la quasi-totalité de notre effectif permanent en chômage partiel ». Autant de mesures qui visent à préserver les compétences pour pouvoir rouvrir dans de bonnes conditions quand l’autorisation sera donnée, comme elle l’a été le 28 novembre dernier aux commerces dits non essentiels. « Tant mieux pour eux mais on se dit quand même : Pourquoi pas nous ? », soupire Éric Darago, soulignant que les casinos de France n’ont à ce jour déploré aucun foyer de contamination dans leurs établissements. « La superficie de notre casino est de 14 000 m2 sur trois étages, avec 5 à 6 mètres de hauteur sous plafond et un traitement de l’air en permanence. La fréquentation globale peut sembler importante mais nous sommes ouverts 19 h par jour, donc le nombre de clients présents sur le site en même temps se situe souvent entre 100 et 200. Sachant que nous avons tout l’équipement nécessaire pour mesurer la fréquentation instantanée et respecter une jauge précise », estime le directeur général, qui rappelle que l’activité des casinos est très encadrée, notamment par le Service des courses et jeux de la Direction centrale de la police judiciaire. « Nous sommes très frustrés car nous savons que nous pouvons travailler correctement tout en appliquant un protocole sanitaire strict pour protéger nos collaborateurs et nos clients », conclut-il.
* Le PBJ se définit comme la différence entre les mises des joueurs et les gains qui leur sont versés par le casino.

Éric Darago, directeur général du casino Barrière de Toulouse.










