[Covid-19] Airbus plancherait sur une restructuration impliquant des milliers de licenciements
Airbus traverse actuellement une zone de turbulences inédite. Confronté à l'effondrement du trafic aérien mondial, conséquence directe de la pandémie de Covid-19, l'avionneur européen, dont le siège est basé à Blagnac, doit faire face depuis plusieurs mois à une chute drastique des commandes d'avions, doublée d'une paralysie partielle de son outil industriel. Dans ce contexte, le groupe serait, selon l'agence Reuters, en train de préparer un vaste plan de restructuration pouvant impliquer des licenciements « importants », même si aucune décision définitive n'a encore été prise, précisent nos confrères. Selon le quotidien britannique The Telegraph, Airbus s'apprêterait à supprimer 10 000 emplois. Le groupe compte au total 136 000 salariés, dont plus de 28 000 en Occitanie. Contacté par La Lettre M, Airbus indique qu'il « ne commente pas les spéculations en cours ». Le groupe aéronautique assure avoir mis en place au cours des dernières semaines « un certain nombre de mesures financières, opérationnelles et sociales afin de s'adapter aux graves conséquences sanitaires et économiques de la crise Covid-19 ». Et d'ajouter : « La compagnie continuera à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer l'avenir d'Airbus en coopération avec ses partenaires sociaux. »
Perte nette de 481 M€ au premier trimestre
Au 1er trimestre, les résultats de l'avionneur (clos au 31 mars) ont été « partiellement impactés par le Covid-19 ». Son chiffre d'affaires s'est porté à 10,6 Md€ au cours de la période, en chute de 15 %. Son Ebit ajusté, lui, a plafonné à 281 M€, contre 549 M€ l'an dernier. Le groupe a ainsi déploré une perte nette de 481 M€. Sa position de trésorerie nette est désormais de 3,6 Md€, contre 12,5 Md€ au 31 décembre 2019. Une chute de 71 % en l'espace de trois mois. « Nous traversons actuellement la plus grave crise que l’industrie aérospatiale n’ait jamais connue, déplorait fin avril Guillaume Faury, président exécutif du groupe. Nous avons très rapidement renforcé nos liquidités pour soutenir la flexibilité financière. Nous adaptons les cadences de production des avions commerciaux en fonction de la demande clients (une baisse d'environ un tiers, NDLR). Nous nous concentrons sur la maîtrise de la trésorerie et notre structure de coûts à long terme pour être certains de pouvoir reprendre des opérations normales lorsque la situation s’améliorera. » L'an dernier, le groupe avait enregistré 70 Md€ de chiffre d'affaires.










