Les territoires innovent sur la mobilité du quotidien
Un covoiturage public autour d’Alès. C’est l’idée portée par Pierre Viguié, responsable du syndicat mixte des transports du bassin d’Alès (Gard), zone rurale englobant 85 communes et 144 000 habitants. L’idée « n’est pas géniale », sourit l’intéressé, mais peut « désenclaver les communes les plus isolées » et a été labellisée par le gouvernement suite à l’appel à projet « French Mobility » : via une application et un portail Internet, les futurs covoitureurs et covoiturés seront mis en relation. Une sorte de Blablacar local, géré par le syndicat mixte, dont Alès Agglomération et la Région Occitanie sont les principaux actionnaires. Le délégataire privé chargé des transports urbains, Keolis, se chargera de la gestion des transactions financières. Le bureau d’études Inddigo pilote ce projet issu du plan de déplacements urbains, et la société Nicaya Conseil anime la partie communication et concertation. Les axes proposés convergeront tous vers Alès, deuxième ville du Gard : Saint-Jean-du-Gard/Alès, La Grand-Combe/Alès, Bessèges/Alès, Vézénobres/Alès…
Pas de concurrence aux taxis
Soutenu par l’Ademe à hauteur de 100 k€ (sur un total de 230 k€ budgétés en 2019), le trajet Saint-Jean-du-Gard/Alès (environ 30 kilomètres) va être expérimenté l’an prochain. Les covoitureurs pourront prendre des passagers dans les villages traversés, sur des lieux de prise et de déposé en cours d’identification. « Il ne s’agit pas de faire concurrence aux taxis », ajoute Pierre Viguié. Les maires des communes sont sollicités pour relayer le message. « Ils sont conscients de la difficulté croissante de l’enjeu de la mobilité. » Le projet porte une dimension d’aménagement du territoire : « Les solutions de mobilité et le très haut débit deviennent incontournables dans les zones rurales, si on veut éviter que tout soit concentré dans les métropoles. » Originalité du dispositif : la somme versée par le covoituré équivaudra à un tarif de bus, et sera moindre que la rémunération des covoitureurs. Le syndicat mixte compensera la différence. « Le coût global sera moins élevé qu’un transport collectif rempli à 20 % », souligne Pierre Viguié.
Aveyron : des véhicules de collectivités mis en autopartage par Citiz
Le parc naturel régional des Grands Causses, dans l’Aveyron, innove en combinant plusieurs modes de transport : autopartage avec l’opérateur Citiz, covoiturage, auto-stop organisé avec Rezopouce, bus en cadencement et trains avec la Région Occitanie, vélos électriques… « Dans le monde rural, où il y a peu d’habitants devant se rendre un peu partout, il est impossible d’utiliser des transports industrialisés, de type tramway », rappelle Florent Tarrisse, directeur général du parc naturel régional des Grands Causses. Le besoin se fait de plus en plus pressant. « Les gens se déplacent de plus en plus. Il y a dix ans, 77 % des habitants de notre territoire travaillaient dans leur commune de résidence. Ce pourcentage est passé à 53 % aujourd’hui. » Les solutions ne sont pas que technologiques ou matérielles. Elles passent aussi par un changement de mentalité. « Pour une grande partie du public, faire du stop est dégradant, et l’autopartage ne tombe pas encore sous le sens, explique Florent Tarrisse. Il faut expliquer les enjeux, à travers des réunions publiques en présence des élus, des interventions auprès des entreprises, des publicités dans les cinémas… » Le parc naturel régional intervient par exemple auprès des entreprises, pour, par exemple, que des entreprises voisines ajustent leurs horaires afin d’organiser du covoiturage sur des masses plus importantes de salariés.
Autre originalité du projet Mobedis : le partage, opéré par Citiz, de véhicules appartenant à des collectivités ou des entreprises, lorsqu’ils sont inutilisés. La commune de Saint-Affrique, l’entreprise Sévigné et le parc naturel régional sont les premiers à tester ce dispositif, basé sur un système d’abonnement. « L’idée, c’est de monter en puissance, car l’autopartage est adapté au monde rural. »










