Exclusif / Sabena Technics étudie une extension à Saint-Gilles
Le site de Sabena Technics (TAT Group), situé sur la zone de l'aéroport de Nîmes Garons (Saint-Gilles), pourrait faire l'objet d'une extension, avec la construction d'un deuxième entrepôt d'environ 10 000 m2, pour un investissement de près de 15 M€, apprend-on de source proche, le 5 novembre lors du forum des métiers de l'aéronautique, où quelque 1 000 collégiens et lycéens gardois ont afflué. Le site se situerait au sud de l'emplacement actuel. Sabena Technics assure la maintenance de l'ensemble de la flotte de la sécurité civile française (Canadair CL415, S-2T Trackers, Beechcraft 200 et Dash 8). Elle concentre également la maintenance de base des avions à fuselage étroit et à fuselage large (y compris le B767/757 et le KC-135), ainsi que sur l'ingénierie. « Le projet est à l'étude, confirme Édouard Mere, responsable RH à Saint-Gilles. La construction d'un hangar prend du temps. Il y a beaucoup de normes à respecter. On l'a vu quand nous avons mis aux normes l'ancienne base aéronavale. L'accueil de nouveaux appareils, côté sécurité civile, justifie ce projet. Cela fait six avions supplémentaires à accueillir. L'avion présidentiel est aussi venu dans nos hangars : il prend beaucoup de place ! »
Sabena Technics prévoit entre 150 et 200 recrutements, à Saint-Gilles, d'ici à 2021, soit une croissance de l'effectif de 50 à 100 salariés supplémentaires. Sont recherchés des postes de technicien aéronautique, de fonctions support et d'ingénierie. D'où la démarche, à travers ce salon (entre autres), d'ouverture aux jeunes et aux CFA. D'autant plus que le contexte de pénurie de compétences... « Nous recherchons des gens formés. On ne devient pas mécanicien ou technicien aéronautique du jour au lendemain, précise Édouard Mere. Il faut trois ans d'étude, puis de la pratique : les philosophies entre les marques ne sont pas les mêmes. Passer d'un avion à l'autre demande un bagage technique, qui demande du temps. Ce qui fait aussi la rareté des profils sur le marché du recrutement. » Les forts besoins en recrutements sont liés « à la réduction du format des armées. Cette réduction fait que les militaires sont moins formés. Ils sont moins nombreux à être formés, et le sont moins longtemps ». Autre explication : un dédain pour les fonctions techniques : « Le Bac Pro a une connotation péjorative, alors qu'un Bac Pro mécanicien aéronautique requiert un niveau très élevé. On dit ou on sous-entend trop aux jeunes : 'si tu n'as pas un BTS, tu es nul'. Ce sont de mauvais messages. Un jeune doit d'abord choisir le métier, et orienter sa formation, en fonction du métier qu'il veut exercer, et pas le chemin inverse. Beaucoup ont des diplômes très beaux, mais décorellés du métier qu'ils veulent faire. »
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