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Biotechs - Santé
| 27/11/2017

MedinCell projette une introduction en bourse mi-2018

La moitié des patients ne prend pas correctement ses médicaments. Fort de ce constat, la biotech Medincell veut faciliter l’accès aux traitements, tout en abaissant le coût, avec sa technologie, Bepo®. Celle-ci doit permettre « de remplacer la prise quotidienne d’un traitement par une simple injection sous-cutanée ou localisée », explique le franco-canadien Christophe Douat, PDG. Concrètement, un liquide est injecté avec une aiguille. Une fois sous la peau, le liquide précipite et forme, sous la peau, une mini-capsule, de la taille d’un demi-petit pois, contenant le principe actif. Cette capsule diffuse progressivement les principes actifs et se biorésorbe entièrement. La complexité de mise au point est considérable, « avec une diffusion qui doit être sécurisée et maîtrisée sur une durée longue ». Pour accélérer son développement, une introduction en bourse est prévue mi-2018, avec l’entrée au capital d’investisseurs institutionnels.
Les pilules classiques provoquent, selon Christophe Douat, « des pics d’effets de principes actifs, avec des effets secondaires potentiels, et, à l’inverse, des séquences où l’organisme est en-dessous du niveau thérapeutique. La pharma produit des pilules car elles sont simples à fabriquer et à administrer, mais c’est loin d’être l’idéal. » Et le patient doit se rappeler de la prise, « et ait envie de la prendre ». Medincell cible, pour l’instant, la schizophrénie, le traitement de la douleur, la dépression, l’oncologie et la contraception. La phase 1 des premiers traitements vient de s’achever « avec succès aux États-Unis, ce qui signifie que notre technologie est validée ». Beepo® compte répondre, pour des traitements allant de quelques jours à six mois, « aux défis majeurs de la santé dans le monde : traitement plus efficace, amélioration de la tolérance des patients, développement rapide et faible coût de fabrication ». Une simple injection pour un traitement de plusieurs mois « rend le traitement accessible aux masses », résume Christophe Douat.

La société, qui emploie 110 salariés de 28 nationalités différentes, se distingue dans le secteur des biotechs, par un modèle coopératif (les salariés sont tous actionnaires et détiennent 45 % du capital), un maintien de la structure (forte activité en R&D) en France. Elle s’est financée, depuis sa création, par des collaborations avec des grands groupes pharmaceutiques, comme celui conclu en 2016 avec Sandoz (Novartis), les partenaires comptant récupérer leurs mises sur les profits futurs. Medincell, qui dispose d’un laboratoire intégré, assure pouvoir développer un traitement en moins de deux ans. Des paiements d’étape sont effectués à chaque étape franchie. Chaque traitement requiert la création d’un nouveau polymère, « avec beaucoup d’expertise en chimie, biologie et pharmacie qui entrent en jeu ». Chaque produit développé (7 sont en cours) représente « entre 50 et 150 M€ de frais de développement, pour un potentiel de ventes annuelles de 700 M€ minimum ». Une joint venture a été créée avec Corbion (Hollande), qui a investi 20 M€ dans un site de production aux États-Unis. Des discussions avancées sont en cours avec des fondations mondiales pour développer des produits , notamment dans la contraception, ou pour la malaria en Afrique. Détenue depuis le début par ses fondateurs et ses employés, MedinCell a accueilli en octobre un premier investisseur institutionnel, en ouvrant son capital à CM-CIC Innovation, qui devient actionnaire minoritaire. Mounir Mahjoubi, secrétaire d'État au numérique, a salué, le 18/10 sur son compte Twitter, à l’occasion d’une remise de prix, à Paris, où Medincell s’est distingué, le « Google français du médicament ».

Hubert Vialatte / vialatte@lalettrem.net
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