Fournier / Lachaud : la guerre des droites est déclarée à Nîmes
Samedi 18/11, jour de conseil municipal à Nîmes. Jean-Paul Fournier (LR), maire de Nîmes crée la surprise, en retirant à Yvan Lachaud (UDI), président de Nîmes Métropole, mais aussi adjoint aux finances de la Ville de Nîmes, sa délégation aux finances. Réaction rapide des autres adjoints UDI à la Ville, qui décident de rendre leur délégation et désertent la session. Sujet de la discorde : la gestion de 10 zones d’activité économiques (ZAE), une compétence jusqu’ici attribuée à la Ville de Nîmes et transférée* à la communauté d'agglomération depuis le 1/1/2017. L'estimation faite par la Ville de Nîmes pour le montant des investissements nécessaires aux ZAE est nettement inférieure à celle de Nîmes Métropole, qui suit les recommandations faites par la Commission locale d’évaluation des charges transférées (CLECT). 159.000 € / an pour la Ville de Nîmes contre 470.000€ / an pour la Métropole en frais d'investissement (hors frais de fonctionnement).
Le différend porte donc sur environ 310.000 €, que la Métropole retirerait à la Ville. « Alors que certaines communes ont eu plus d’un an pour s’accorder sur les chiffres de la CLECT, on nous a demandé un accord sous 48 heures, explique le député européen Franck Proust (LR), premier adjoint à la mairie de Nîmes. Le calcul de la CLECT a été fait avec le service des finances de la Ville, donc par M. Lachaud… » Le maire de Nîmes évoque également un déséquilibre dans les fonds de concours attribués par l'agglomération aux différentes communes. Nîmes serait moins bien lotie que certaines autres communes de l’agglomération. Plus globalement, Jean-Paul Fournier reproche au président de Nîmes Métropole son manque de présence à la Ville.
Côté Nîmes Métropole, on dit « se baser sur les recommandations de la CLECT » D'ailleurs, dans l'entourage d'Yvan Lachaud, on précise que le montant de 470.000 €, établi par le cabinet FCL (75) pour le compte de la CLECT, a déjà été revu à la baisse et ne prend en compte que les investissements de voirie. Les frais relatifs à la vidéo-surveillance ou encore à l'éclairage par exemple ne sont pas pris en compte afin de favoriser les communes. « Sur les 17 ZAE dont la gestion est transférée à la Métropole, 10 relevaient de la compétence de la ville de Nîmes. Pour les 7 autres, le montant de la CLECT n'a pas posé de problème, ajoute-t-on au sein de la communauté d'agglomération. La CLECT est un organe indépendant et la Ville de Nîmes est représentée, au sein de cette instance, par Pascal Gourdel, conseiller municipal (LR) assez proche de Jean-Paul Fournier ».
Jeu de communication ou vrai clash entre les deux hommes ? Dans l'entourage d'Yvan Lachaud, au sein de Nîmes Métropole, on estime que la décision de Jean-Paul Fournier a certainement été prise sur un coup de tête et en catimini avec quelques conseillers proches du maire de Nîmes. « S'il y a un jeu de communication, il est fait par M. Fournier et il est destiné à justifier maintenant cette décision prise à l'emporte pièce. Si c'est de la communication, elle coûte cher aux Nîmois. » Pour d'autres proches d'Yvan Lachaud, ce retrait de sa délégation aux finances ne serait qu'un prétexte pour ternir son image. Le divorce semble consommé entre les deux ténors de la droite nîmoise, qui ont su s'unir dans le passé pour conquérir la Ville en 2001, 2008 et 2014. « Je ne pense pas que la réconciliation soit possible, c’est sûr et certain », conclut Jean-Paul Fournier. Notons qu'à Béziers, Frédéric Lacas, président de Béziers Méditerranée et Robert Ménard, maire de Béziers (ville-centre de l'agglomération), entretiennent également des relations exécrables, mais dans un contexte différent - ils n'ont jamais fait équipe ensemble et ne sont pas du même bord politique.
* comme le prévoit la loi NOTRe.










