Fil infos

Gard
|
BTP
| 30/10/2017

Un outil pour une meilleure visibilité des subventions

Les calendriers non concordants des subventions de l'État, de la Région et du Département aux collectivités retardent les projets de ces dernières. Fort de ce constat, le président PS du Département du Gard, Denis Bouad, annonce, le 27/10 à Nîmes lors d’une conférence de la FRTP (Fédération régionale des travaux publics) Occitanie délégation Méditerranée, la création en 2018 d'un guichet unique centralisant les aides publiques croisées dédiées aux collectivités. Les conseillers départementaux voteront ce principe de guichet unique en décembre. « Ainsi, les collectivités qui votent leur budget en mars 2018 connaîtront les subventions obtenues pour lancer les appels d'offres et démarrer rapidement les projets. » Ce dispositif devrait faciliter, voire accélérer, les mises en chantier des projets liés aux travaux publics notamment. Il centralisera d’abord les aides accordées par le Département et par l'État. « Nous avons besoin de cette visibilité que donnera un guichet unique. On ne peut plus monter un projet sans co-financement », explique Didier Lauga, préfet du Gard.  « Carole Delga, présidente de la Région, trouve cette mesure intéressante », précise l’élu gardois. Le Département du Gard rédige aussi une charte de la commande publique pour faciliter l’accès des entreprises aux marchés publics.

La cellule économique du BTP pointe les besoins

Selon la cellule économique régionale du BTP LR (qui fusionnera avec la cellule ex-MP en 2018), entre 2012 et 2016, les dépenses d’investissement et d’entretien en infrastructures et réseaux des collectivités gardoises ont baissé de 22,71 %, soit 200 M€ sur 468 M€ de travaux réalisés (source DGFIP). Le secteur, qui compte 290 entreprises et 2.800 salariés dans le département, a enregistré une perte 250 emplois sur la période. « Alerter les élus ne suffit pas, le vrai sujet, c’est l’utilité économique et sociale des travaux publics », complète Christophe Ruas, président de la délégation Gard de la FRTP Occitanie. D’après la cellule économique, le Gard compte « un patrimoine d'infrastructures dense mais vieillissant, qui a parfois besoin de travaux de rénovation et de réparation pour accompagner la dynamique démographique et les mutations économiques », explique Emmanuelle Sourisseau, directrice de la cellule économique. Sur 13.473 km de routes, 65 % sont des voies communales pour lesquelles il n'existe pas de statistiques. 50 % du linéaire routier départemental (4.400 km au total) présentent des défauts de structure. De même, les réseaux d'eau - qui représentent 8.800 km, majoritairement en gestion directe - affichent un taux de rendement faible (69,5 %) contre 72,5 % au niveau régional. Concernant le réseau ferroviaire (337 km),  30 % des retards de la ligne Paris-Nîmes sont liés à des questions de maintenance.

Retour des investissements

« Les collectivités ont besoin de plus de planification car les stratégies de financement sont différentes, abonde Jean-Yves Chapelet, vice-président de la communauté de communes du Gard rhodanien. Le préfet du Gard, Didier Lauga, annonce le vote, au niveau national, de la loi d’orientation sur les mobilités au premier semestre 2018. Christophe Rivenq, DGS de l’agglo d’Alès et conseiller régional, s’inquiète des fléchages financiers du gouvernement vers les métropoles, craignant que les territoires ruraux ne soient oubliés. Pour autant, Denis Bouad, président du Département du Gard, annonce porter en 2018 les investissements de la collectivité à 140 M€ contre 100 M€. « Le budget dédié aux routes atteindra 46 M€, en hausse de 10 M€ », indique-t-il, rappelant l’intérêt des co-financements avec l’Agence de l’eau dont les 7 M€ de subvention génèrent 35 M€ d’investissement des collectivités locales. Le Département prévoit aussi d’injecter 22 M€ dans le THD (très haut débit). « Les investissements potentiels sont nombreux dans le Gard », indique Fabrice Verdier, conseiller régional, citant le contournement Nîmes Ouest (en discussion depuis 1983), la voie ferrée Alès-Bessège,… « l y a aussi la déviation du Gard Rhodanien dont la réunion publique s’est tenue la semaine dernière. Le temps de ce projet devient trop long », complète Jean-Yves Chapelet, vice-président de la communauté de communes du Gard rhodanien. De son côté, l’agglomération de Nîmes a lancé un groupe de travail sur la voirie communale. Concernant la Ville de Nîmes, les chantiers ne manquent pas, avec notamment la Zac du Mas des Lombards et ses 1.000 logements à venir, ou encore la rénovation urbaine... Enfin, lors de cette réunion la FRTP a convié SMEG, Enedis et ASF à venir présenter leurs projets de développement. SMEG et Enedis qui ont investi ensemble 56 M€ en 2016, vont installer 150 bornes pour véhicules électriques. ASF va contribuer à améliorer la capacité de traitement de l’eau en Camargue via les bassins de rétention situés en bordure d’autoroute. La création de parking aux péages est annoncée.

 

 

 

 

 

 

Véronique Coll / coll@lalettrem.net
Bloc Abonnement

La Lettre M sur votre bureau chaque mois, la newsletter quotidienne à 18h, toute l'actualité en temps réel sur lalettrem.fr, les magazines thématiques, le guide « Les Leaders, ceux qui font l’Occitanie », la référence des décideurs d'Occitanie