« La recherche publique en Midi-Pyrénées a de l’imagination »
C’est en thésard que le Dunkerquois Pierre Dufresne découvre Toulouse et le Lass-Cnrs.
A la tête de la société d’accélération du transfert de technologie de Toulouse, créée en 2012, il fait le bilan de cette première année.
Quelle est la mission de Toulouse Tech Transfer ?
Toulouse Tech Transfer, la société d’accélération de transfert de technologie (SATT) de Midi-Pyrénées est un opérateur chargé d’investir sur les résultats prometteurs de la recherche publique, afin de contribuer au développement d’une activité économique. Son objectif n’est pas d’accompagner une entreprise, mais de prendre en compte les préoccupations du marché en amont, en maintenant des échanges avec les entreprises et de jouer un rôle d’interface entre la recherche et l’entreprise.
Pourquoi une super structure pour remplacer les départements de valorisation des laboratoires ?
Le projet de SATT s’est construit en identifiant tous les freins qui bloquaient les possibilités de transferts technologiques. La nouvelle structure permet ainsi de mettre en commun tous les moyens et les outils, de regrouper et de mutualiser les ressources. De plus l’Etat en tant qu’actionnaire, apporte de gros moyens, soit 70 M€ sur 10 ans. Côté effectif, nous regroupons 28 personnes, dont 8 ingénieurs de valorisation, qui s’occupent des projets en cours de validation.
Quels sont les atouts pour les entreprises ?
En tant qu’entreprise, nous sommes beaucoup plus réactifs qu’un établissement public. D’autre part, la SATT est le seul interlocuteur pour l’entreprise, même si il y a plusieurs laboratoires concernés par le projet, ce qui simplifie grandement les choses.
Justement quel est le bilan de cette 1ère année de fonctionnement ?
Si la SATT a été créée en janvier 2012, les équipes ont été transférées en avril. Toutefois durant cette première année, nous avons lancé 21 projets sur une base de 58 déclarations d’intention, c’est-à-dire des chercheurs qui déclarent leurs résultats. En 2012, nous avons engagé au total 2 M€. A la vue de ce premier bilan, le flux est intéressant et montre que la recherche publique en Midi-Pyrénées a de l’imagination.
Quels sont les projets pour 2013 ?
Cette année nous devrions dépasser les 30 projets, avec la création d’entreprises associées à ces projets. Il y a des demandes et nous pensons les satisfaire. Notre objectif cette année est d’engager 6 M€ de projets de transfert et de faciliter la création d’entreprises en utilisant l’incubateur régional, avec lequel nous avons un partenariat depuis novembre dernier.
Travaillez-vous avec d’autres instances régionales ?
Nous avons identifié sur la région les CRITT liés à la recherche publique et si les besoins se font sentir, nous pourrions collaborer avec eux. Nous souhaiterions travailler étroitement avec MPI. Et en règle générale, nous ne pouvons que nous féliciter de l’accord que nous entretenons avec les collectivités territoriales, notamment avec les agences économiques comme relais. Ce sont nos partenaires.
Est-ce que la venue du CEA sur Toulouse risque d’interférer avec votre mission ?
Le CEA compte un très bon savoir-faire sur la recherche, il sait aussi très bien faire des transferts technologiques. Sa venue sur la région doit sûrement coller à un potentiel de transferts sur Toulouse concernant ses axes de recherche technologique de prédilection. Sa présence pourrait être une complémentarité avec les technologies qu’il maîtrise peut-être mieux que les laboratoires régionaux.
Propos recueillis par Anne-Marie Véziat
Encadré
Toulouse Tech Transfer
SaS au capital de 1 M€
avec 3 actionnaires
• La Caisse des Dépôts : 33%
• Le PRES Université de Toulouse : 42%
• Le CNRS : 25%










