Rencontre avec : « Jouer collectif pour proposer des parcours encore plus efficaces »
Anne-Laure Charbonnier, directrice de l’Incubateur Midi-Pyrénées
Comment jugez-vous la dernière promotion, arrivée en novembre à l’incubateur?
Nous avons assisté à un certain retour à l’équilibre, à la fois sur le type de projet et les porteurs*. Le numérique est encore très représenté, mais le niveau d’ambition technologique est plus élevée et s’appuie sur un caractère industriel ou de service physique.
Quel bilan tirez-vous de la nouvelle formule d’incubation, lancée en 2013 ?
L’ambition était d’aller au-delà de notre cœur historique, type spin-off de grandes groupes et/ou labos, en attirant des projets plus diffus. Après 4 appels à projets, nous avons eu environ 40 candidatures à chaque fois voire plus, pour 6 retenues. Nous constatons que la formule, plus compacte, est bien adaptée aux équipes déjà mâtures. Sur 24 projets, 4 ont été arrêtés dont un sur décision de l’incubateur. Le taux de réussite de création est donc de près de 78 %.
La durée d’accompagnement, limitée à 1 an, est-elle satisfaisante ?
Il semble que ça aide, car cela maintient la pression, à la fois sur les équipes-projet, mais aussi sur l’équipe de permanents. Nous n’avons jamais eu à nous prononcer, mais on ne s’interdit rien, y compris accorder 6 mois de plus à un projet, s’il le faut. Certaines pratiquent aussi des ponts avec d’autres structures, comme TBseeds ou Le Camping de la TIC Valley.
Quid de votre ambition d’aider les start-up à renforcer leurs fonds propres?
Nous le faisons en fait au cas par cas. En pratique, le rôle leader est joué localement par la plateforme de financement participatif Wiseed, et le recours à des business angels. Il nous reste beaucoup de travail à faire auprès des fonds de capital-risque parisiens. Quelques-uns sont déjà là (Kima, Elaïa, Demeter). D’autres nous contactent pour de la veille, voire de la mise en relation. L’un de mes gros chantiers reste d’aller les rencontrer à Paris, afin de comprendre leurs politiques d’investissement et mieux connaître leurs critères. Nous allons également être partenaire/prescripteur pour la prochaine journée du financement, organisée par le cluster Digital Place à Paris.
Le dernier rapport de l’IGAENR souligne le rôle joué par les incubateurs publics, et certains modèles en place, comme le vôtre au niveau financier.
Ce rapport préconise de poursuivre le soutien aux incubateurs publics, qui ont démontré leur utilité depuis 1999. En Midi-Pyrénées, nous avons mis en place un système qui a été effectivement salué, concernant les remboursements des prestations, un retour sur investissement en cas de création (100 % des prestations externes et taux de 30 % appliqué pour les prestations internes, NDLR). En 2014, nous sommes arrivés à un pic, correspondant à de forts remboursements issus de l’époque où nous financions plus. Résultat : les remboursements ont représenté 38 % de nos recettes en 2014. Sur la période 2000-2013, cela représente environ 18 % des recettes (1,78 M€, NDLR).
Quelle est votre place dans l’écosystème innovant régional, très évolutif ?
Nous sommes partenaires, à des degrés divers, de l’ensemble des structures de l’éco-système innovant, qu’il s’agisse de MPE et MPI, de la SATT Midi-Pyrénées, des autres incubateurs (d’écoles, d’association ou de cluster). L’idée première est de rester pragmatique, afin de jouer collectif pour créer les parcours les plus efficaces possibles.
Propos recueillis par Aurélien Tardiveau
L’incubateur Midi-Pyrénées en chiffres
- Budget 2014 : 950 K€ : 380 K€ Région, 213 K€ Etat, 350 K€ de remboursement de prestations
- 4 permanents
- 12 nouveaux projets en 2014
- 186 projets accompagnés depuis 1999, 144 sociétés créées
* - Accelad : plateforme d’intelligence artificielle pour de la R&D des systèmes embarqués industriels
- Drivoo permet à tout particulier d’être rémunéré pour prendre en charge le dernier kilomètre de livraison
- Fresh in Sport : étude personnalisée des besoins de chaque athlète et livraison à domicile de plats traiteurs
- Ilek protège les industriels des variations du coût de l’électricité en produisant directement chez eux une énergie solaire décentralisée
- Innov’ATM : solution d’optimisation des flux aériens
- Skeyelabs : développement de l’épandage de vecteurs biologiques par drones.









