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| 5/11/2024

Serge Gratton et Romaric Redon (Aniti) : « Ne pas subir la révolution IA »

Romaric Redon, directeur opérationnel d'Aniti, et Serge Gratton, directeur scientifique.
© Aniti

Toulouse fait partie des neuf clusters français dédiés à l’intelligence artificielle (IA) depuis la labellisation, en mai 2024, de l’Institut Aniti (Artificial and Natural Intelligence Toulouse Institute), créé il y a six ans. Le site, qui rassemble 16 laboratoires de recherche, sept universités et écoles d’ingénieurs et plus de 30 partenaires industriels, planche notamment sur l’IA de confiance, projet pour lequel il a reçu 20 M€ de l’État. Aniti collabore avec l'Institut de recherche technologique (IRT) Saint-Exupéry, les clusters numériques et les pôles de compétitivité. Entretien exclusif avec Serge Gratton, directeur scientifique, et Romaric Redon, directeur opérationnel du cluster.

Aniti a été labellisé cluster dédié à l’IA en mai dernier. Quelles sont ses ambitions ?
Serge Gratton : L’objectif du dispositif des clusters dont fait partie Aniti est d’équiper la France pour qu’elle devienne une force de frappe en matière de formations et de R&D. Cela lui permettra de jouer rôle important et de ne pas subir la révolution IA telle qu’elle pourrait être dictée par les grandes puissances du système. Au sein d’Aniti, nous souhaitons former chaque année 450 spécialistes de l’IA, notamment en IA de confiance car nous avons été missionnés pour cela. Un complément au projet Efelia (École française de l’intelligence artificielle) Aniti, versant toulousain d’une initiative nationale, qui vise quant à lui à multiplier par deux le nombre de personnes issues de toutes les filières formées à l’IA, afin d’atteindre 6 000 étudiants formés.

Dans son projet, Aniti place l’IA « de confiance » au cœur de ses travaux… 
Romaric Redon : Les entreprises toulousaines utilisent depuis longtemps l’IA en production dans un certain nombre d’activités, comme l’observation de la Terre et la maintenance prédictive. L’essor des IA génératives depuis 2022 amène de nouveaux cas d’applications, comme l’aide à la conception afin d’améliorer la productivité. Aniti va donc lancer, en collaboration avec des industriels, un programme intégratif spécifique FOR sur la confiance associée aux IA génératives. En effet, les méthodes d’IA sont de plus en plus performantes, mais ce développement ne s’accompagne pas forcément d’une amélioration de la confiance, qui est pourtant un élément essentiel des systèmes critiques. Aniti a effectué un travail très reconnu, aussi bien par la communauté scientifique qu’industrielle, sur le développement de méthodes d’IA de confiance pour les systèmes critiques dans le cadre du projet DEEL. Et si l’on arrive à répondre aux exigences du secteur aéronautique, d’autres domaines s’en serviront.

Qu’est-ce qui fait la force et la singularité d’Aniti ?
Romaric Redon : Notre force est que nous parvenons à fédérer l’ensemble des activités d’IA sur le site toulousain, et plus largement en Occitanie, et à embrasser tous les cas d’application de l’IA qui peuvent être étendus en dehors de l’industrie du futur, des transports et de l’environnement. Par ailleurs, la Région Occitanie et Toulouse Métropole, qui nous soutiennent, mettent l’accent sur le travail en collaboration avec les entreprises, que nous avons développé pour nous singulariser des autres IA clusters.

Propos recueillis par Laurie Correia / correia@lalettrem.net
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