Thales planche sur l'optimisation des trajectoires aériennes
Thales présente le 5 juillet à Toulouse les premiers résultats - jugés « pertinents » - du projet Oct'Avie, qui vise à optimiser les opérations aériennes. « La décarbonation de l'aviation est l'un des challenges du 21e siècle, estime Yannick Assouad, DG adjointe des activités avioniques de Thales. Plusieurs pistes sont explorées : les carburants alternatifs, le renouvellement des flottes, l'hydrogène et, enfin, l'optimisation des opérations, qui constitue l'enjeu d'Oct'Avie. » Ce projet d'innovation, représentant un investissement de 1,4 M€ supporté pour moitié par la Région, contribue à l'objectif de réduction « de 10 % de l'empreinte écologique de l'aviation », indique Benjamin Binet, VP stratégie mobilité aérienne de Thales.
Deux expérimentations en vol
Le projet, mené par Thales en partenariat avec Air France, la Direction des services de la navigation aérienne (DSNA), l'Onera, le Cerfacs, CGX Aero et Atmosphere, est structuré en deux temps. « Tout d'abord, entre 2021 et 2022, nous avons mené des expérimentations en vue de généraliser l’application de manœuvres de pilotage écoresponsables », explique Yann Meyer, responsable de l'équipe « Green Aviation » chez Thales. Dans les faits, en s'appuyant sur la plateforme « Green Flag » développée par le groupe français, deux vols Paris-Toulouse – organisés en mars et avril derniers – ont permis de mettre en exergue certains espaces aériens susceptibles d'accueillir une forme d'éco-pilotage incluant une adaptation de la trajectoire des avions, en vue de diminuer les impacts environnementaux, à la fois CO2 et non CO2. Des tests menés en conditions réelles, qui impliquent un dialogue permanent entre le pilote et le contrôle aérien.
« Sur le bon chemin »
Si le consortium ne communique pas encore de résultats chiffrés, il estime que ces premières expérimentations ont « démontré la pertinence du concept ». L'autre volet du projet Oc'tavie doit se dérouler d'ici à mi-2023. « Il s'agira d'évaluer l'impact des différentes émissions sur le climat », indique Yann Meyer. C'est dans ce cadre qu'interviendront notamment l'Onera et le laboratoire Cerfacs. « Nous sommes sur le bon chemin, estime Gérald Regniaud, à la direction des opérations de la DSNA. Nous touchons du doigt des choses qui paraissaient hier impossibles. Nous sommes tous désormais dans une forme d'impatience, dans la perspective de pouvoir passer à la suite en déployant tout cela à l'échelle européenne. »










