Nouveau départ pour les Brasérades dans l'Aude
Concentration dans l'agroalimentaire. Le groupe lotois Jean Larnaudie a racheté, en toute discrétion en mai dernier, le fonds de commerce de l'héraultais Les Brasérades (47 salariés, CA : 18,5 M€, Le Crès) pour faire grandir Occitane Plats Cuisinés (140 salariés, Castelnaudary - 11), société créée en 2014 dans la foulée de la reprise de La Lauragaise (ex-Spanghero). « Plus qu’une page qui se tourne, c’est un livre qui se ferme », confie à La Lettre M Guy Dupuis, dirigeant-fondateur des Brasérades. À la retraite depuis cinq mois, ce dernier reste propriétaire - avec deux associés - des locaux historiques de près de 2 000 m2, d'où sortaient jusqu'à 4 000 tonnes de saucisses et échines de porcs par an. « Nous avons deux locataires potentiels. L'un évoluant dans le secteur automobile, l'autre voulant y faire du stockage », assure-t-il.
Transfert des machines
Si 25 salariés des Brasérades ont été licenciés, neuf employés travaillent, depuis octobre dernier, à Castelnaudary. « Comme le prévoit l'accord de performance collective, nous les avons aidés pour se loger et accompagnés dans la recherche d'emploi du conjoint ou de la conjointe », explique à La Lettre M Laurie Vergnes, responsable RH d'Occitane Plats Cuisinés. Parmi eux, leur responsable Hervé Maréchal, désormais directeur de site à Castelnaudary. La PME audoise a également intégré treize commerciaux et employés du service administration des ventes. Mais pour eux, point de déménagement. Ils sont restés dans l'Hérault, à Mudaison. L'acquisition des Brasérades, « une marque reconnue sur l'univers boucherie mais avec un site de production vieillissant et limité », note Laurie Vergnes, permet à Occitane Plats Cuisinés de passer un cap. Son site de 18 000 m2 ne comporte plus d'espaces vides. D'un côté, une unité de production pour les cassoulets, gésiers... De l'autre, un atelier dédié à la viande fraîche, musclé par l'arrivée des machines des Brasérades. Dopé par cette opération, le transformateur de viande table cette année sur le recrutement d'une quarantaine de personnes, principalement des opérateurs. « En 2021, nous allons tripler les volumes sur la partie frais grâce notamment à de nouveaux produits, sous la marque Les Brasérades : lomo tranché, poitrine fumée... », illustre-t-elle.
Volumes sécurisés
Quel intérêt pour Jean Larnaudie, réputé pour son foie gras ? « Trop grosse pour être chouchoutée par la grande distribution qui bichonne les PME et trop petite pour peser dans les négociations, l'ETI cherche dans cette croissance externe à être plus compétitive. Pour l'approvisionnement, elle peut acheter plus et sécuriser ses volumes. Pour la vente, elle peut mieux négocier », résume Olivier Dauvers, conférencier spécialiste de la grande distribution. Et de souligner la disparition de l'industrie agroalimentaire autour de Montpellier : « Cela illustre la spécialisation des régions qui perdent leurs industries non dominantes. Avant, la transformation de la viande se faisait partout en France. Aujourd'hui, elle est concentrée dans des zones devenues compétitives puis dominantes. »










