Fil infos

Gard
|
Agri - Agro
| 23/02/2021

Futura Gaïa veut lever plusieurs dizaines de millions d’euros en 2021

Moins d’un an après sa première levée de fonds (2,5 M€ en mai 2020), la start-up gardoise Futura Gaïa (21 personnes, Rodilhan), prépare déjà la deuxième. « Nous aimerions lever plusieurs dizaines de millions d’euros, environ la moitié en capital et l’autre en dette, idéalement d’ici à cet été », indique Pascal Thomas, président de l’entreprise, à La Lettre M. Des fonds qui doivent permettre à l’entreprise d’accélérer l’industrialisation de sa technologie permettant de faire pousser et cultiver des plantes dans des “systèmes“ cylindriques au sein duquel sont paramétrés l’irrigation, la chaleur et le niveau de luminosité nécessaires à la pousse, sans l'ajout de pesticides.

Deux ouvertures de fermes d’ici à 2023
Futura Gaïa dispose déjà d’une ferme “pilote“ à Tarascon (13), actuellement en cours de construction. Déployée sur 1 865 m2, elle devrait être opérationnelle en juin et comprendra 48 systèmes (cylindres). « Si la levée de fonds se déroule comme prévu, nous prévoyons d’atteindre les 198 systèmes d’ici à la fin de l’année. » En plus de cela, la société veut ouvrir deux autres fermes, une en 2022, l’autre en 2023. Les sites d’implantation sont encore à l’étude. « J’aimerais que ce soit en Occitanie », commente Pascal Thomas. Chacune sera dotée de 432 systèmes. La levée de fonds doit permettre, en grande partie, de les financer. « Chaque ferme de cet acabit représente environ 10 M€ d’investissement. » À terme, elles auront vocation à être vendues, mais celle de Tarascon, faisant office de vitrine, sera conservée. L'opération financière doit aussi permettre des recrutements, dans l'optique d'atteindre un effectif de cinquante personnes d'ici à la fin de l'année.

R&D
Une partie des fonds levés va être fléchée vers la R&D. Futura Gaïa est en effet également en train d’agrandir son laboratoire gardois afin de poursuivre ses travaux de recherche. « Nous allons créer un Lab 2 qui multiplie par trois la surface de l’existant. L’objectif est d’y développer de nouveaux univers climatiques (avec variations de températures différentes en fonction des plantes cultivées, NDLR). Pour l’instant, nous avons développé deux univers climatiques. D’ici à juin, nous voulons passer à six univers. » Pour ces travaux, Futura Gaïa a bénéficié d’une aide de la Région Occitanie de 150 k€.

Marché concurrentiel
Significatif, le montant ciblé par cette levée de fonds doit surtout donner les moyens à Futura Gaïa de s’imposer dans l’univers de l’agriculture verticale où règnent déjà des poids lourds internationaux. « Plusieurs entreprises américaines, cotées en bourse, ont fait des levées de fonds très importantes dans le domaine, notamment une, récemment, qui a indiqué vouloir acquérir des acteurs européens du secteur. » La start-up gardoise ne veut donc pas se faire manger, ni rater le train de l’innovation en matière d’agriculture verticale. Elle bénéficie déjà de partenariats stratégiques avec des mastodontes industriels tels que Eiffage énergie (sur la partie installation électrique et énergie), Akka Technologies (sur la robotisation) ou encore Air Liquide (sur la partie C02).

Applications multiples
En discussions avec de nombreux acteurs de l’agroalimentaire, Futura Gaïa table sur une première commercialisation de ses produits, en l’occurrence du basilic, en juin prochain. Pour autant, la start-up ne se limite pas à l’alimentaire et cible aussi le médical et la cosmétique. « En un an et demi, nous avons conduit plus de 250 protocoles de tests et disposons d’un catalogue comprenant entre 100 et 150 variétés de plantes (salades, fraises, basilic, tomates cerises…). Nous testons aussi des fleurs telles que la camomille ».

Stéphanie Roy / roy@lalettrem.net
Bloc Abonnement

La Lettre M sur votre bureau chaque mois, la newsletter quotidienne à 18h, toute l'actualité en temps réel sur lalettrem.fr, les magazines thématiques, le guide « Les Leaders, ceux qui font l’Occitanie », la référence des décideurs d'Occitanie