Les salariés de Latelec en grève contre la fermeture du site de production de Labège
En grève depuis le 3 décembre, les salariés de Latelec, la filiale spécialisée dans les câblages du groupe Latécoère, dénoncent la programmation de licenciements « illégitimes » et des conditions de départ « indécentes ». Sur 650 emplois que compte Latelec, 120 devraient être supprimés, tous sur le site de Labège en Haute-Garonne. Des licenciements qui entrent dans le cadre du plan national prévoyant la suppression de 475 postes en France. « La direction ne veut plus de production sur le site de Labège ; ce sont donc tous les postes de la production série qui doivent être supprimés. On a vu un organigramme avant/après », confie à La Lettre M Marc Laborde, délégué syndical CGT. Seuls les emplois administratifs seraient maintenus sur le siège toulousain.
« Les programmes traités sur le site de Labège devraient être transférés pour une partie à Casablanca, et pour l’autre sur le site Latelec des Landes. C’est un peu le jeu des chaises musicales : les travaux pour Dassault menés dans les Landes devraient partir en Inde et les missions pour Airbus du site de Labège iront dans les Landes », confie le syndicaliste.
Une « aubaine Covid » ?
Pour les syndicats, CGC, FO, CFTC et CGT, qui avaient lancé un appel commun à la grève, les propositions de la direction sont indécentes, alors que les négociations sont ouvertes depuis deux mois. « On nous propose le strict minimum légal. Par exemple, un salarié avec plus de 30 ans d’ancienneté ne touchera que dix mois de salaire ! », dénonce Marc Laborde. Le syndicaliste estime par ailleurs que Latécoère profite de « l’aubaine Covid » pour mener à bien un plan social indépendant de la crise sanitaire. « Il est vrai que nos résultats financiers 2019 n’ont pas été bons… parce que nous avons rentré trop de programmes d’un coup. Alors oui, le lancement d’un programme coûte de l’argent au départ, mais ensuite cela doit en rapporter », estime le syndicaliste. Et d’ajouter : « Il paraît que Latécoère voulait initialement fermer tous les services de production série en France, mais qu’ils se sont fait taper sur les doigts cet été… ».
Entre 150 et 180 grévistes étaient réunis sur le parvis du site de production de Labège le 3 décembre. « Si les négociations n’avancent pas, on remettra ça mardi, puis jeudi, et ensuite on verra… », conclut le délégué CGT.









