La filière cuir graulhetoise veut gagner en visibilité
Maroquiniers, mégissiers et tanneurs ou encore fabricants de produits chimiques et de machines-outils : malgré la crise sanitaire, une vingtaine de professionnels de la filière cuir de Graulhet (Tarn) ont accepté d’ouvrir leurs portes au grand public les 21 et 22 octobre derniers. Organisée pour la quatrième année consécutive par Bastides et Vignoble du Gaillac, l’office de tourisme de la communauté d’agglomération Gaillac-Graulhet, l’opération « Graulhet, le cuir dans la peau ! » a enregistré près de 950 réservations de particuliers, curieux de découvrir une industrie, implantée ici depuis le 17e siècle et à son apogée pendant les Trente Glorieuses (avec plus de 3 000 ouvriers et 150 mégisseries), qui emploie encore aujourd’hui quelque 650 salariés dans 80 établissements.
« Graulhet est la seule ville de France où la filière est intégralement représentée, souligne Dominique Picquier, gérante de la maroquinerie La Fabrique (20 salariés) et présidente de l’association Graulhet Le Cuir (une vingtaine d’adhérents). Seule la formation est basée à 50 km d’ici, à Mazamet (où est dispensé un bac pro métiers du cuir – maroquinerie, NDLR) mais nous travaillons justement à des rapprochements régionaux pour gagner encore en visibilité. » Département voisin du Tarn, l’Aveyron dispose lui aussi d’un pôle fédérant une vingtaine d’entreprises de première et deuxième transformation du cuir, notamment spécialisées en ganterie, dont Millau est la capitale française.
La carte du made in France
Au niveau national, la filière – représentée par le Conseil national du cuir (CNC) - compte 12 800 entreprises (133 000 salariés) pour un chiffre d’affaires supérieur à 25 Md€ (dont 13 Md€ à l’export). Dans sa dernière note de conjoncture, publiée le 20 octobre, le CNC fait part d’importantes baisses de chiffres d’affaires enregistrées depuis le début de l’année : - 27,5 % dans la tannerie-mégisserie (secteur le plus impacté, à cause de la chute des exportations), de - 23,5 % pour la fabrication de chaussures et de - 20,9 % pour la fabrication de maroquinerie.
Une crise qui semble néanmoins frapper moins durement les PME positionnées sur un segment haut de gamme voire luxe et revendiquant leur savoir-faire made in France. Fondés en 1969, les Ateliers Fourès (30 salariés) ont obtenu le label « Entreprises du patrimoine vivant » délivré par l’État à des PME emblématiques de l’excellence française industrielle ou artisanale. Coupe, parage, embossage, montage, bordure, pique, etc., : toutes les étapes de fabrication des 200 modèles annuels de sacs et articles de petite maroquinerie sont réalisées à la main au sein de l’atelier graulhetois de 1 000 m2. « Nous réalisons 80 % de notre chiffre d’affaires (supérieur à 2 M€, NDLR) auprès de 500 clients en France – institutions maroquinières, papeteries de luxe, concept stores mais aussi une fauconnerie et même l’Assemblée nationale ! - et les 20 % restants à l’export, au Japon notamment », indique sa dirigeante, Amandine Guy-Gras, qui estime que l’impact de la Covid-19 sur l’activité des Ateliers Fourès sera assez limité grâce à ce positionnement mais aussi à la production de masques grand public en tissu pendant près de douze semaines.









