Arrêt du projet Shopping promenade : ce qu’ils en pensent
Philippe Saurel, maire de la ville de Montpellier et président de Montpellier Méditerranée Métropole choisit d’annuler le projet commercial Shopping Promenade porté par le groupe Frey (80 salariés, 1 Md d'actifs, Reims-51). Suite à cette décision, La Lettre M a recueilli des avis :
André Deljarry, président de la CCI de l’Hérault : « Je n’ai pas réellement à m’exprimer sur ce dossier qui, selon moi, concerne trois patrons : le président de la Métropole et les maires des communes concernées de Lattes et Pérols. Depuis six ans déjà, il y aurait dû y avoir des réflexions collectives avant d’en arriver à cette situation d’arrêt du projet. Ce dossier est un vrai serpent de mer qui est controversé. La CCI a suivi ce dossier en prônant depuis le départ l’obsolescence des zones du Fenouillet, du Solis et du Soriech et un transfert des enseignes situées en sur ce secteur inondable vers le projet Frey. C’est compliqué de rajouter à Montpellier des mètres carrés commerciaux supplémentaires d’un seul trait comme le prévoit ce projet compte tenu de la fragilité du commerce – et encore plus après le Covid-19 - et de sa difficulté à retrouver du dynamisme en centre-ville. Nous nous orientons vers deux ans d’études supplémentaires alors que déjà certaines enseignes ont disparu. Le dessein de ce projet ne pourra être relancé qu’à partir de septembre à l’issue des différents scrutins. La CCI est prête à venir autour de la table des discussions afin de jouer son rôle d’accompagnateur du territoire pour lui garantir un équilibre. »
Gilles Pimort, dirigeant de Norman Taylor (Montpellier)
« La décision de Philippe Saurel est une surprise qui n’en est pas vraiment une au final. Le projet avait déjà du plomb dans l’aile. Il est clair que ce projet contesté est devenu un enjeu politique notamment pour certains élus green chartés. Même s’il n’est pas prévu que ce projet soit remis en cause dans sa totalité – il est prévu d’en réduire la taille- il reste très compliqué car il répond à des enjeux économiques et d’urbanisation. Il est certain que le groupe Frey ne va pas se laisser faire pour laisser la part belle au Polygone et à Odysseum. Au départ, le projet du groupe Frey avait du sens sur le papier avec une certaine cohérence sur les thèmes des loisirs et de la culture. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. À mon sens, c’est toute la zone qu’il faut analyser et pas seulement l’emprise foncière du projet du groupe Frey. On ne peut pas faire l’économie d’une réflexion globale sur les retails nouvelle génération ou encore un équilibre des loyers à trouver en fonction des besoins en surface des enseignes. Le secteur de l’équipement de la maison par exemple table sur des loyers de 80 à 120€/m2 or les prix dans les nouveaux sites commerciaux sont plutôt autour de 300 €. L’offre immobilière devra être plus adaptée et plus fine dans l’approche économique sans oublier d’être connectée avec l’essor du e-commerce. C’est l’avenir commercial du sud de la ville de Montpellier qui est en jeu. »
Selon une source proche du dossier, le discours est bien moins optimiste. « Le secteur concerné par d’éventuel transfert d’enseigne touche 282 commerçants et enseignes. Ces derniers ont déjà subi les effets des gilets jaunes, du Covid-19 ou encore de la présence des gitans se retrouvent en difficulté. Certains avaient choisi de ne pas investir comptant aller sur le site de Shopping promenade. Quelle solution s’offre à eux ? Les surfaces transférées du projet devaient atteindre 70 %, à priori 60 % avaient déjà trouvé preneur. Cette situation risque aussi d’interroger les potentiels investisseurs à venir sur les prises de décision qui s’opèrent à Montpellier sans compter sur la période électorale propice à des visions différentes comme pour le stade. Montpellier risque d’être marqué à la culotte ! »









