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Gard / Région Occitanie
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Tourisme - Loisirs
| 18/05/2020

Open Tourism Lab planche sur le tourisme de demain

Mise en place en 2019, la plateforme d'open innovation de l'accélérateur de start-up touristiques Open Tourisme Lab à Nîmes « aura pris avec cette crise tout son sens », résume Emmanuel Bobin, directeur de la structure. Composée d'une dizaine de designers, cette plateforme a « pour mission d’accompagner des territoires et des grands groupes dans leur démarche d’open innovation. L’intérêt pour nous est d’avoir un pied côté start-up et un côté grand groupe/territoire et de faire le lien entre les deux. » À terme, l’objectif serait même de mettre en place une cellule prospective et de veille en matière de tourisme. Pour l’heure, la plateforme d’open innovation intervient auprès d'acteur du territoire comme Gard Tourisme, bras armé du conseil départemental en matière de tourisme. « Gard Tourisme travaille sur son plan de rebond, explique Emmanuel Bobin. Nous les accompagnons sur les actions à mettre en place avec les offices de tourisme et les autres acteurs du tourisme. » Autre travail en cours, celui réalisé avec MyTripTailor, filiale de Michelin Voyages.« MyTripTailor propose une solution digitale sur l’itinéraire et voudrait l’améliorer en termes d’ergonomie d’usage avec un recentrage des pratiques sur un territoire », détaille Emmanuel Bobin. Autre rendez-vous à venir pour la plateforme d’open innovation, celui avec le groupe sétois de camping Vacanceselect, également partenaire de l’Open Tourism Lab. L'objectif sera de « repenser l’offre de camping pour les prochaines années en prenant en compte ce qui est en train de se passer. Il y a un véritable enjeu d’adaptation. »

Durant l’été, un appel à solution post-crise va être lancé par l’Open Tourism Lab. « Aujourd’hui, nous interrogeons nos partenaires sur leur problématique de reprise d’activité, résume le directeur de l'accélérateur. L’objectif est de sélectionner des start-up plus matures, voir des PME, qui seraient sur des pivots stratégiques et sur ces enjeux de marché avec des nouveaux services, des nouveaux process qui permettraient de créer les conditions du rebond. Cela peut être un nouveau marketing de l’offre qui tiendrait compte des conditions sanitaires de demain ou un accueil touristique repensé selon les nouvelles contraintes de distanciations sociales… » Trois à cinq projets pour être ainsi retenus.

Retour sur deux mois de confinement de quinze start-up touristiques
À l’issue des deux mois de confinement, « les quinze start-up accélérées par l’Open Tourism Lab à Nîmes sont en vie et en bonne voie de retrouver du chiffre d’affaires », assure Emmanuel Bobin, directeur de la structure. Pourtant, pour beaucoup d’entre elles, l’activité s’est arrêtée du jour au lendemain, « en particulier lorsque les start-up travaillaient dans les secteurs de l’événementiel ou de l’hôtellerie-restauration avec un modèle de revenu fondé sur une commission prise sur le chiffre d’affaires de leurs clients. » Résultat : il a fallu « changer de métier ou de cible, rapporte le directeur, être dans la résilience, et non dans l’abandon. » Comme ce fût le cas par exemple pour la start-up Aji Digital qui proposait un affichage digital interactif à destination ds prestataires touristiques. « Avec la pandémie, le tactile n’est plus idéal, résume Emmanuel Bobin. La start-up a donc effectué un pivot technique en proposant désormais un affichage non tactile mais avec détecteur de mouvement, et équipé d’un distributeur de gel hydroalcoolique ».

Sur le plan financier, quatre levées de fonds en cours parmi les quinze start-up ont dû être décalées de quelques mois. « Les business angels ont tous confirmer leur intention, y compris lorsque l’activité de la start-up était arrêtée, relève Emmanuel Bobin. Cela me fait dire que plus que sur le business model, ce sont sur les hommes que les business angels comptent. ». Au niveau des fonds, « certains pourraient, avec cette pandémie, revoir leur critère d’investissement pour demain, poursuit le directeur d’Open Tourisme Lab. La rémunération à la commission dans les business models restera-t-elle par exemple un critère primordial ? » La dimension écologique, le social deviendraient des critères de valeur importants.  

Nelly Barbé / barbe@lalettrem.net
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