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Hérault
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BTP / Immobilier
| 6/03/2020

Montpellier : les candidats face à l’urbanisation

À dix jours du premier tour des municipales, l’association ABCD, regroupant les fédérations du bâtiment, de la promotion, de l’aménagement, la Fnaim et la CCI de l’Hérault, a organisé un débat avec six candidats en lice à Montpellier devant près de 300 acteurs du secteur (promoteurs, architectes, aménageurs, entreprises de construction, bureau d’études) venus écouter leurs propositions face aux enjeux de la cité de demain. Tour à tour, les candidats ont répondu aux questions sur la demande de logements, les prix, la densification, la reconquête urbaine, le Plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) prévu à l'horizon 2022-2023… Morceaux choisis.

  • Avec 12 000 nouveaux habitants par an dans l’Hérault, comment accueille-t-on ces familles ? Comment répondre à la demande croissante de logements ?

Coralie Mantion (EELV) : « Il n’est pas question de fermer les portes de la ville. On ne dit pas stop au béton, mais le béton comment ? Nous nous proposons de reconstruire la ville sur la ville et de densifier. Nous souhaitons aussi travailler avec les autres communes de la métropole pour inverser la densification, avec des quartiers respirables et travailler en collaboration avec le CD 34 et la Région
Serge Martin représentant Mohed Altrad, tête de liste (SE) : « Il faut surtout changer de modèle économique de la ville de Montpellier qui est fondé sur la croissance démographique. Il crée du chômage et de la pauvreté. Nous voulons un plan métropolitain de l’habitat issu d’une réflexion avec tous les maires de la métropole. Il s’agira aussi de densifier sans oublier la question de la mobilité en préalable. Mohed Altrad veut stopper l’étalement urbain pour retravailler sur l’existant. »
Mickael Delafosse (PS-PCF-Place Publique) : « L’enjeu est de maîtriser la croissance démographique à Montpellier. Montpellier doit-elle supporter seule cette croissance ? Non. Il faudra la répartir sur la métropole et l’aire urbaine. Où construire ? Sur les Zac République et la Restanque, mais il faudra aussi compter sur l’approche de territoire de projet. Nous proposons une agence d’urbanisme qui obligent les intercommunalités à partager leur document d’urbanisme mais aussi de déployer les réseaux de transport au-delà de la métropole.»
Jean-Louis Roumégas (sans étiquette) : « Pour éviter la densification parfois outrancière et surtout mal acceptée par la population, nous pensons qu’il faut tendre vers un urbanisme co-conçu qui permettrait de gagner du temps et d’éviter les recours. »
Patrick Vignal (LREM-Modem-Nouveau centre) : « Depuis toujours, on s’est attaché à développer la ville vers la mer et les Zac. On ne s’est jamais occupé de la ville habitée alors qu’il y a 10 000 logements dans Montpellier et 13 000 logements AirbnB qui empêchent nos enfants de se loger ! On a encouragé la périphérie, il est temps de repeupler le centre-ville. »
Sébastien Avallone, représentant Alex Larue, tête de liste (LR-UDI) : « Il faut favoriser la rénovation et la reconstruction de la ville sur la ville. L’urbanisation à l’ouest de la Métropole doit être renforcée et accompagnée par l’implantation d’activités pour éviter les mouvements pendulaires. »

  • Les prix, comment les faire baisser ?

Jean-Louis Roumégas : « C’est d’abord une question de marché mais l’essentiel du travail sera de travailler sur un prix négocié du foncier. La puissance publique peut apporter des garanties pour la solvabilité des jeunes pour une première accession. Si on veut des prix bas l’effort doit être assumé par la collectivité. »
Patrick Vignal : « Il faut revoir la mission de la Serm et avoir des discussions avec les propriétaires et un débat avec les aménageurs et bâtisseurs. Ailleurs, il y a des expérimentations avec des Offices fonciers. L’idée éviter la surenchère ».
Coralie Mantion : « La Serm n’est qu’un outil et un bon outil, il faut revoir le pilote. Il faut changer le système. Le droit de préemption permettra de réguler les prix. Se mettre autour de la table avec les acteurs du bâtiment pour que tout le monde obéisse à la même règle. On est dans un urbanisme de copinage et pas un urbanisme régulé ».
Mickael Delafosse : « Concernant la Serm, il faut une transparence, notamment sur les grilles d’analyse. Entre 2014 et 2020, les prix ont augmenté de 12 %, cela fait fuir les classes moyennes. Les prix et l’urbanisme, ça se régule. Montpellier a besoin d’une politique de projet face à la croissance démographique. »
Sébastien Avallone : « Il faut créer un Établissement public foncier métropolitain, à l’échelle du territoire pour le pilotage, et positionner la Serm sur la gestion des Zac ».
Serge Martin : « Nous sommes favorable à la création d’un office foncier. »

  • Où sont les îlots de reconquête urbaine ?

Mickael Delafosse : « La Zac Pagezy (une zone qui comprend notamment l’ancienne mairie de Montpellier et des bâtiments attenants, NDLR), créée puis stoppée, assurerait la connexion urbaine entre Antigone et le centre historique offrant un potentiel de logements et d’activités tout en dynamisant le commerce de proximité.»
Patrick Vignal : « Avec 10 000 logements à réparer en ville, on peut autoriser de la densification. Les jeunes aujourd’hui veulent être en centre-ville et profiter des commerces et des services.»
Coralie Mantion : « Arrêtons les projets de constructions en périphérie de la ville. On stoppera la Zac de Cambacérès. On imagine un Campus vertical en lieu et place de l’ancienne mairie pour accueillir MBS, des logements étudiants, des commerces... »
Jean-Louis Roumégas : « La réhabilitation du Faubourg du Coureau est une réussite. Pour assurer la reconquête de la ville, il faut une veille pour atteindre un équilibre. Il faudra aussi investir sur le patrimoine pour sa mise en valeur. »
Sébastien Avallone : « Il faut faciliter l’accès au coeur de ville avec l’aide de Grand Cœur et lancer un plan de rénovation comme à Nice, où la collectivité a réussi ce pari en un mandat ».
Serge Martin : « Le centre-ville, c’est le territoire de reconquête absolu tout comme le territoire autour de la gare ».

  • La densité, la solution à la demande de logements ?

Patrick Vignal : « Si vous voulez que les promoteurs reviennent en centre-ville, il faut un outil de dérogation fiscale pour proposer des loyers modérés… Avec les nouveaux matériaux, on peut refaire la ville en densification même si sept Zac vont sortir de terre. »
Coralie Mantion : « La densification, ce sera au cas par cas selon les quartiers et en consultant les habitants. Il faut revoir le PLU et cibler les zones à densifier et monter (les étages, NDLR) si besoin. »
Mickael Delafosse : « On densifiera les zones où il y a des équipements publics. On va lancer une étude sur les gisements foncier. »
Jean-Louis Roumégas : « Il faut sortir de la construction à tout prix avec un pacte citoyen sur l’évolution d’un quartier ».
Serge Martin : « Il y a des hectares à repenser à la Zac Restanque et à Nouveau Saint Roch. Il faut une Agence d’urbanisme qui réunisse tous les professionnels ».
Sébastien Avallone : « La suppression des COS (coefficients d’occupation des sols) plaide pour la densification comme dans la Zac Nouveau Saint Roch. Il faut développer le dialogue entre les professionnels, la collectivité et des sociologues pour le choix d’une urbanisation ».

  • Le PLUi pour 2022-2023 ? quelle liberté restera-t-il au maire ?

Serge Martin : « Il n’y aura pas de décision prise contre la stratégie d'un maire ».
Mickael Delafosse : « Cette question aurait dû être réglée depuis longtemps. Cette compétence doit rester aux élus. Chaque conseil municipal va adopter son PLU et dans la mise en oeuvre du PLUi les maires seront mis devant leur responsabilité. L’urbanisme c’est politique ! »
Patrick Vignal : « On veut un PLUi collégial. Je souhaite que les maires co-signe les permis. »
Alex Larue : « Il faut un pacte de confiance avec les maires et un droit de véto, l’urbanisme est vrai sujet stratégique. Le pôle métropolitain doit aussi travailler avec les intercommunalités voisines Lunel, Pays de L’Or, Sète… »
Coralie Mantion : « Un pacte de confiance est une idée pour ne pas imposer un PLUi. Il faudra de la lisibilité et homogénéiser les règles et ne pas oublier la concertation avec les habitants. »
Jean-Louis Roumégas : « Il faut un Scot et un PLUi co-construits avec les porteurs de projets et les citoyens. Il faut que les maires sachent se saisir d’une vision globale stratégique. »

  • Le manque de foncier, comment y remédier ?

Patrick Vignal : « Avec 10 ha au Pays de L’Or et 50 ha à Lunel, on va trouver la solution pour reépondre au besoin de foncier des entreprises ! »
Serge Martin : « Il faut repenser la ville et diffuser les locaux d’entreprise et d’activités de service dans toute la ville. On peut réintroduire de l’activité économique et des bureaux dans les quartiers comme La Mosson. »
JL Roumégas : « Un travail de couture est à faire dans le paysage urbain ».
Alex Larue : « Il faut continuer l’effort sur la mixité des zones. Une grande entreprise veut déménager c’est compliqué surtout écoutons les entrepreneurs. »
Coralie Mantion : « Il faudra s’appuyer sur des architectes pour trouver les solutions dans les quartiers ».
Mickael Delafosse : « Les entreprises vont ailleurs car c’est plus possible faute d’accessibilité. On relancera la Zac Pagézy dès cette année. À Saint-Roch, il faut plus de bureaux. Un schéma directeur d’aménagement servira à rééquilibrer la ville en intégrant des d’activités liées à la santé au nord. »

Véronique Coll / coll@lalettrem.net
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