L’aéronautique et le spatial recrutent en masse dans la région
4 600 : c’est le nombre d’emplois créés en 2018 par la filière aéronautique et spatiale dans le grand Sud-Ouest (Occitanie et Nouvelle-Aquitaine), selon la dernière étude de l’Insee, réalisée en partenariat avec le pôle de compétitivité Aerospace Valley. Au total, le secteur concentre désormais 159 000 salariés, dont 69 % sont basés en Occitanie.
Dans la seule chaîne d’approvisionnement – regroupant les sous-traitants, prestataires de services, fournisseurs, motoristes et petits constructeurs, mais excluant les grands donneurs d’ordres comme Airbus -, 3 800 emplois ont été créés, portant l'effectif à 119 000 salariés. « En revanche, nous constatons un ralentissement dans la croissance des chiffres d’affaires, indique Virginie Régnier, charges d’études à l’Insee. Après des hausses de 8,2 % en 2016 et de 5,4 % en 2017, la croissance n’est que de 3,9 % en 2018. » Un chiffre d'affaires global porté à 16,6 Md€.
Projets de développement. L’activité de la chaîne d'approvisionnement aérospatiale du Sud-Ouest est directement liée à celle de la filière française. « Près de la moitié des clients des entreprises locales sont situés dans le territoire, précise Guilhem Cambon, chargé d’études Insee. Et pour répondre à l’importance des commandes, 12 % des entreprises ont un projet de création de nouvel établissement et 9 % un projet d’acquisition. » Qu’il s’agisse de PME, comme la société spatiale ariégeoise Map (27 salariés), qui injecte actuellement 5,5 M€ dans la construction d’une nouvelle entité, ou de mastodontes incontournables du secteur, à l’image du Toulousain Latécoère (4 958 salariés), qui vient de conclure un accord visant à acquérir les activités câblage de Bombardier, au Mexique.
Des points de crispation. Si l'immense majorité (93 %) des entreprises interrogées par l’Insee se disent satisfaites de leur relation avec leur(s) donneur(s) d’ordres, certains points de crispation demeurent. « La planification des commandes et le manque d’aide au développement des compétences sont souvent citées comme des facteurs d’insatisfaction, explique Guilhem Cambon. La relation client-fournisseur reste perfectible. » De même, l’étude confirme le fort degré de dépendance des acteurs de la filière avec, en moyenne, 70 % du CA réalisé dans l’aéronautique et le spatial et même 35 % avec un client principal. C'est-à-dire, pour bon nombre d'entre eux, avec Airbus. Dans le même registre, 56 % des entreprises se contentent de suivre les spécifications de leurs clients, sans développer leurs propres produits. Un facteur de risque en cas de trou d’air chez le donneur d’ordres. Dernier point soulevé par l’étude : les problèmes récurrents de recrutement dans le secteur, liés principalement à « un manque de candidatures » et au « décalage entre le profil des candidats et les pré-requis de l’entreprise ». Un véritable serpent de mer, dans une filière en pleine ébullition.










