Immobilier neuf : le combat des prix
Vers une surchauffe métropolitaine ? Les ventes de logements neufs marquent le pas dans les métropoles lors du premier semestre, selon Adéquation, spécialisé dans l'analyse des marchés immobiliers (directeur de l'agence de Montpellier : Yohan Breuil) : - 6 % dans l'aire urbaine de Toulouse (3 935 ventes, 71 % de parts des ventes à investisseurs), - 10 % dans l'aire de Montpellier (1 689 ventes, 58 % de parts des ventes à investisseurs). En ex-LR, Adéquation tire la sonnette d’alarme sur le recul de l’offre (4 400 logements, contre 5 230 en 2017, - 16 %) en ex-LR, et le haut niveau des prix, notamment dans la métropole de Montpellier (+ 4 %, de 4 000 €/m2 hors stationnement et jusqu’à 6 000 €/m2). La hausse est de 310 €/m2 en quatre ans à Montpellier « Et les opérations montées aujourd’hui, et en vente demain, seront issues d’acquisitions foncières encore plus élevées… », s’inquiète un spécialiste. Pour Laurent Villaret, nouveau président de la Fédération des promoteurs immobiliers Occitanie Méditerranée, « le combat absolu, c’est la recherche de solutions pour faire baisser les prix des logements neufs. La libération de foncier est l’une des solutions, mais ce n’est pas la seule. Il y a aussi la fiscalité lourde qui pèse sur l’immobilier en France, le niveau des charges de copropriété, la durée moyenne, de plus en plus longue, pour sortir une opération… » Autre constat, selon lui : la métropolisation va s’accentuer, avec la suppression de la zone B2 (1 000 ventes dans ce cadre en 2017). Résultat : « beaucoup moins d’offre dans les villes moyennes, et des prix en croissance dans les métropoles, où sera concentrée l’offre ». La situation est différente en ex-MP, où Toulouse, pôle d’attractivité majeur, monopolise historiquement le marché, et où le pouvoir d’achat moyen des acquéreurs est plus élevé. Paradoxe : le prix moyen est moins élevé dans l'aire de Toulouse (3 668 €/m2) que dans celle de Montpellier (4 017 €/m2).
En ex-LR, après une bonne année 2018 (6 500 ventes nettes escomptées, dont environ 60 % dans la région de Montpellier), Adéquation anticipe une baisse des ventes en 2019-2020, du fait de la hausse des prix, du manque d'offre, de la suppression du dispositif Pinel en zone B2 (77 communes concernées) et des élections municipales (2020), génératrices d'atermoiements. Premiers signaux d’alerte : 2 005 logements neufs ont été mis en vente dans le Grand Montpellier, soit 500 logements en moins (- 21 %) par rapport à 2017. Yohan Breuil évoque un marché « sous-offreur, avec moins de six mois de stock dans la ville de Montpellier ». En compensation, l’immobilier des villes secondaires du pourtour méditerranéen retrouve de la vigueur (+ 500 ventes par rapport au premier semestre 2017, 1460 ventes au total) : + 62 % à Sète (308 logements vendus), + 62 % à Perpignan (427 ventes), + 50 % à Nîmes (221 ventes), + 37 % en région de Béziers (408 ventes) et + 10 % à Narbonne (95 ventes). Le niveau de prix, et leur stabilité, ont un impact positif sur ces marchés périphériques, affichant entre 3 050 et 3 250 €/m2 (hors stationnement). Mais des marchés comme Narbonne ou Béziers, classés en B2 (dispositif en cours de suppression), semblent en sursis. Et, partout, une remontée des taux d'intérêt, même faible, suffirait à fragiliser les perspectives immobilières.










