Fil infos

Région Occitanie
|
Transports - Logistique
| 6/03/2018

Renfe-SNCF veut muscler l’axe ferroviaire Montpellier-Espagne

Peut mieux faire. C’est le premier bilan que dressent, le 6 mars à Montpellier, la SNCF et son homologue ibérique Renfe, qui opèrent en coopération la liaison ferroviaire directe à grande vitesse entre la France et l’Espagne via le littoral méditerranéen depuis 2013. En quatre ans, les 21 destinations desservies (6 en Espagne, 15 en France) ont attiré 3,4 millions de voyageurs. « Auparavant, il fallait changer de train à la frontière. Le trafic passagers était quasiment nul, rappelle Yann Monod, directeur général de Renfe-SNCF. Nous avons pris des parts de marché à la route et à l’aérien, mais aussi généré de nouvelles mobilités. » Après un tassement du trafic, lié aux attentats en France et à Barcelone l’été dernier, une augmentation de 6 % (sur l’ensemble) est ciblée pour 2018. Montpellier est devenue la 2ème destination (après Paris), avec 480 000 voyageurs en quatre ans, et une progression de 14 % entre 2016 et 2017. 38 % des voyageurs sont français, 26 % espagnols et 36 % ressortissants d’autres nationalités. Sans surprise, c’est Barcelone qui est la première destination au départ de la France, avec 80 % des réservations, devant la région de Gérone/Costa Brava (12 %) et Madrid (9 %).
Pour mieux faire connaître une offre encore neuve, qui place Montpellier à moins de 3 heures de Barcelone, Renfe-SNCF va pousser les feux, en 2018, sur la communication, la mise en place de promotions (billets à partir de 25 euros), l’installation du wi-fi dans les rames à partir du second semestre et un partenariat avec l’office de tourisme et de congrès de Montpellier Métropole. « Le potentiel de trafic est là, mais en partie inexploité », souligne Yann Monod, devant la dizaine de journalistes catalans qui ont fait le déplacement. Autre axe de croissance : le développement du tourisme d’affaires.

Saurel croit encore au projet LNMP

Philippe Saurel, maire DVG de Montpellier et président de Montpellier Méditerranée Métropole, a profité de l’occasion pour plaider la réalisation de la ligne nouvelle entre Montpellier et Perpignan (environ 150 km), chaînon ferroviaire manquant en matière de grande vitesse entre l’Europe et l’Espagne. « Il faut au moins un premier tronçon entre Montpellier et Béziers. Cette ligne sera mixte, à la fois pour les passagers et le fret, et favorisera ainsi le report modal. Et elle libèrera des sillons sur l’axe existant pour les trains du quotidien », indique l’élu. Avant d’ajouter : « On se bat depuis 30 ans pour installer la grande vitesse entre la France et l’Espagne. L’Europe nous indique qu’il est urgent de rapprocher les États. Nous allons rassembler prochainement à Montpellier toutes les villes concernées par la grande vitesse ferroviaire vers l’Espagne, pour signer ensemble un document qui précisera l’urgence de programmer au moins le premier tronçon LGV Montpellier-Béziers. » Philippe Saurel a souligné les liens reliant l’ex-LR et la Catalalogne : « Il y a beaucoup d’échanges étudiants, les universités dialoguent entre elles. Nous avons avec la Catalogne une relation intime, familiale. 60 % de la population de Montpellier a une ascendance espagnole, comme Toulouse, qui est la plus espagnole des villes du Sud. Ce projet de construction de ligne trouve tout son sens. Quand nous l’avons argumenté de façon technique, nous n’avons fait que la moitié du chemin. Il faut aborder les enjeux économiques, culturels et touristiques », a-t-il dit devant une délégation d’une dizaine de journalistes catalans. Ce projet d’infrastructure, toujours en attente d’enquête publique et éligible à des aides européennes, ne figure cependant pas dans les priorités du gouvernement français.

Hubert Vialatte / vialatte@lalettrem.net
Bloc Abonnement

La Lettre M sur votre bureau chaque mois, la newsletter quotidienne à 18h, toute l'actualité en temps réel sur lalettrem.fr, les magazines thématiques, le guide « Les Leaders, ceux qui font l’Occitanie », la référence des décideurs d'Occitanie