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| 12/11/2013

ZOOM. La SRI devient RIS3*, avec la spécialisation intelligente

hapo : En parallèle de la concertation sur les prochains fonds européens 2014-2020, une nouvelle étape de la stratégie régionale de l’innovation (SRI) a été franchie, afin d’orienter au mieux les ressources disponibles.

S’inscrire dans le cadre de la Stratégie 2020 de l’Europe, et ses fameuses spécialisations intelligentes. Autrement dit, effectuer « une concentration de moyens sur des singularités porteuses de potentialités d’innovation », selon le document intermédiaire de la SRI, publié en octobre. Ouf … Cette nouvelle SRI, version 3, sortira dans sa version définitive en décembre. Pour rappel, celle-ci agrège depuis 4 ans l’ensemble des acteurs de l’innovation au plan régional, avec un objectif : établir LE document référent qui fixe le cadre pour orienter les fonds, en particulier européens.

Quel bilan ?
Le document indique que « 640 M€ de fonds incitatifs ont été engagés sur la période 2007-2011, s’agissant des mesures de soutien à l’innovation en lien avec la SRI ». Au rayon évaluation, des indicateurs d’avancement par axes (3) et mesures (une vingtaine) sont disponibles. La plupart affiche un avancement de 50 % ou plus, à fin 2012. Seules deux apparaissent « en retard » : développer le marketing territorial pour renforcer l’attractivité, renforcer les outils financiers. Mais quid des priorités qui avaient été fixées en décembre 2012, lors de la phase 2 (cf. mps n° 1902) ? Le portail internet « Innover en Midi-Pyrénées » devrait finalement voir le jour en fin d’année... après un an d’attente. « Nous partions de zéro sur cet outil, qui doit donner une lisibilité de l’ensemble de l’écosystème » indique le secrétaire général de la SRI depuis 2009, Pierre Benaïm.

Six domaines prioritaires
Les rédacteurs de la RS 3 insistent sur le processus de commissions et rencontres thématiques, engagé depuis 18 mois entre les acteurs mobilisés, et qui a permis d’arrêter les domaines de spécialisation, pour Midi-Pyrénées. Parmi les critères de jugement figurent ceux retenus à l’échelle européenne (masse critique, logique de cluster, coopération interrégionale, avantage concurrentiel). Au final, ce sont les systèmes embarqués, l’innovation de la chaîne agroalimentaire territorialisée, les biotechnologies industrielles pour la valorisation du carbone renouvelable, les matériaux/procédés avancés pour l’aéronautique et diversification, la recherche translationnelle en oncologie et gérontologie, l’ingénierie cellulaire et la médecine régénérative, qui ont été choisis.

Objectifs chiffrés
La gouvernance actuelle a été évaluée comme « intéressante et fonctionnelle, reconnue par l’ensemble des structures », indique le document. Pour autant, elle va évoluer, avec comité stratégique, comité consultatif, mais aussi un comité opérationnel des financeurs, nouveau. Parmi les autres nouveautés, des « groupes prospectifs » seront montés sur chaque domaine prioritaire. Mais le plus nouveau concerne les objectifs chiffrés et mesurables liés à la RIS 3. A 7 ans, les objectifs cumulés sont clairement édictés : 110 créations d’entreprises innovantes, 70 lauréats au concours national innovation, 500 M€ de CIR déclarés par les PME régionales, 490 conventions CIFRE ou équivalents, 150 ETI industrielles indépendantes.

Evaluations
Le document indique également que la RIS 3 « sera évaluée en temps réel ». Sur le sujet, l’aveu de « relatif échec » du suivi et du pilotage jusqu’ici réalisé est évoqué. « Mesurer un écosystème d’innovation, cela reste inbuvable. Il faut des données partagées dans toutes les régions, actualisées et accessibles en même temps », précise Pierre Benaïm. Outre des indicateurs d’activités (degrés de réalisation, nombre de manifestations, etc.), des indicateurs d’impacts seront aussi mis en place (nombre de PME créées, portefeuille de projets, etc.), ainsi que des indicateurs censés mesurer le « jeu collectif » des opérateurs. 16 variables ont été listées. Une volonté d’efficacité, qui n’aura pas forcément son corollaire « transparence » : « dans le contexte tendu d’intelligence économique, l’intégration de ces données dépendront de la capacité de la gouvernance à garder confidentiel les éléments individuels, pour ne diffuser que des métadonnées agrégées (sic). »
Aurélien Tardiveau

* Research Innovation Strategy

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