[VivaTech] Jalil Benabdillah : « Pour faire grandir notre écosystème, nous devons attirer des financements »
Entretien exclusif avec Jalil Benabdillah, vice-président de la Région Occitanie en charge de l'économie, de l'emploi, de l'innovation et de la réindustrialisation, et par ailleurs vice-président de l'agence de développement économique régionale Ad'Occ, sur le pavillon Occitanie, à l'occasion du salon VivaTech, organisé à Paris du 14 au 17 juin.
En quoi la présence de l'Occitanie à VivaTech s'inscrit-elle dans une dynamique plus vaste impulsée par la Région ?
Notre objectif est de valoriser l'écosystème, ou plutôt les écosystèmes innovants du territoire. Notre présence à VivaTech, avec un pavillon animé par Ad'Occ, est en effet l'une des étapes d'un travail de fond de suivi et de valorisation. Le but est de permettre aux entreprises régionales de se faire connaître, de bénéficier d'opportunités, de trouver les bons partenaires stratégiques, que ce soit sur le plan technologique ou financier. Nous avons aussi à cœur de faire rayonner l'Occitanie en termes d'innovation et de créativité.
Quels sont les points forts du territoire, en termes d'innovation ?
Nous avons la chance d'être très bien positionnés, tout au long de la chaîne de valeur de l'innovation. Tout d'abord, nous sommes la région la plus dynamique en matière de dépense de R&D, qui représentent 3,5 % du PIB. Nous disposons d'une base solide de laboratoires, de structures de recherche de haut niveau, mais aussi de systèmes académiques denses et complémentaires. Nous sommes également très bien dotés en ce qui concerne les structures d'incubation, d'accélération et d'accompagnement, à la fois dans les métropoles, mais aussi dans l'ensemble des territoires. Et bien entendu, nous accueillons un riche tissu de start-up, PME, ETI et grands groupes. Il n'y a pas un secteur d'excellence où nous ne comptons pas d'ambassadeurs de renom. Au fond, nous avons tout pour réussir !
Reste cependant la question – stratégique – du financement de l'innovation...
C'est en effet un sujet majeur. Pour faire grandir notre écosystème et favoriser l'installation de nouveaux acteurs, nous devons attirer des financements. C'est dans cette optique que nous avons doté le Fonds souverain régional de 400 M€. Nous accompagnons par ailleurs la structuration d'un écosystème du financement, avec notamment Occitanie Place Financière et le Club ETI Occitanie. Au niveau régional, nous lançons régulièrement des appels à manifestation d'intérêt et des appels à projets sectoriels. Et nous avons un objectif : doubler le nombre d'entreprises deeptech. Il s'en crée environ 50 chaque année dans le territoire ; nous voulons que ce soit au moins 100. Nous sommes également volontaristes en vue de faire bénéficier aux entreprises innovantes régionales de financements nationaux – proposés notamment dans le cadre de France 2030 –, mais aussi européens.
Dans un salon comme VivaTech, comment accompagnez-vous les entreprises dans leurs ambitions internationales ?
Il s'agit, là aussi, d'une question stratégique. Nous recevons sur notre pavillon de nombreuses délégations étrangères. Le but est de faire rayonner le territoire et ses entreprises. Nous voulons que le monde entier sache qu'en Occitanie, il y a un écosystème de l'innovation très riche, avec des secteurs d'excellence comme le numérique, la santé, les mobilités, l'aéronautique et le spatial, l'agri-viti, les énergies, le nautisme... Autant de filières auxquelles nous avons consacré des feuilles de route ambitieuses, avec des priorités et des actions concrètes.
Emmanuel Macron a annoncé le 14 juin lors de sa visite à VivaTech 500 M€ supplémentaires pour développer l'intelligence artificielle (IA) en France. Comment se positionne l'Occitanie sur ce marché ?
L'Occitanie ne veut évidemment pas passer à côté d'un sujet aussi important que celui-ci. Nous avons la chance de bénéficier de laboratoires de pointe, mais aussi d'entreprises bien positionnées. Côté Région, tout comme nous l'avons fait pour la cybersécurité, par exemple, nous avons la volonté d'établir une feuille de route stratégique, d'ici à la fin de l'année, dédiée à l'IA. C'est incontournable et nous avons de nombreux atouts à faire valoir. Il nous importe de favoriser une IA verte et éthique ; nous souhaitons que les technologies se mettent au service du développement humain, du développement économique et du développement des territoires.











