Vignerons coopérateurs de l’Hérault : Jean Huillet tire sa révérence et trace les voies d’une sortie de crise
“Je t’aime !” lance George Frêche à Jean Huillet alors que celui-ci préside ce 21 décembre sa dernière AG des vignerons coopérateurs de l’Hérault. Ils sont nombreux à avoir fait le déplacement : George Frêche donc mais aussi Michel Thénault, le préfet de région, André Vézinhet, le président du Conseil général de l’Hérault, le conseiller général Christian Jean, et beaucoup de professionnels de la filière viticole. Jean Huillet a décidé de lever le pied, sans quitter le navire pour autant : « je reste vigneron et je continuerai de présider pour une paire d’années la fédération nationale des vins de pays ainsi que la fédération régionale de coopération agricole » insiste-t-il. Son rapport moral de président prend la forme de recommandations pour l’avenir. « Nous ne sommes pas en crise mais bien dans une formidable mutation. La société a changé plus vite que notre capacité à changer, il faut nous adapter », lance-t-il. De l’indispensable partenariat avec les négociants Il insiste sur la nécessité de « faire avec les metteurs en marché des partenariats. Ce n’est pas avec la violence qu’on trouvera des solutions même si le rapport de force peut parfois être utile face aux voyous ». Il désigne alors le système interprofessionnel comme devant permettre de connaître les comportements des consommateurs ainsi que ceux des négociants du bout du monde. « La valeur ajoutée se fera autour de la commercialisation. Sinon vous serez réduits à être des fournisseurs de matière première, les plus mal payés » Et de rappeler aussi l’importance de la fédération des interprofessions Inter Sud de France : « les négociants doivent se mettre autour de la table. Oui, la grande distribution ne joue pas le jeu. Il faut donc concentrer l’offre ». Aux changements chez les vignerons Jean Huillet s’adresse ensuite à « ses frères », les vignerons. « On est en train de changer de planète. C’est normal qu’on soit inquiet et mal dans notre peau. Il faut un plan social pour ceux qui veulent partir la tête haute ». » Face à ceux qui restent, ce « dernier corsaire du Languedoc-Roussillon », comme l’a surnommé George Frêche, parle avec lucidité: « la hiérarchisation française n’est plus comprise par les Français et c’est pire quand on est face à des Chinois ou des Américains ». Il évoque alors la nécessité d’un vin de pays qui fournisse des marques à grande échelle, pour l’international. « Que font les vins de pays d’Oc de leurs 2 millions d’hectolitre d’invendus ? Du vin de table ? Il faut mettre en place un système qui ne soit pas carnivore mais bien complémentaire. C’est notre chance ici : nous avons toutes les gammes ».Sur la méthode de la coopération, Jean Huillet insiste sur la nécessité de mettre en place des plans stratégiques d’entreprise. « Il faut manager une cave comme une entreprise et pour être directeur de cave, il faut être formé ». Il évoque alors les regroupements de caves et parle de la nécessité de mettre en place des véritables entreprises agroalimentaires. « Sinon on sera mort dans 2 ans ».










