Aude
Viticulture
Val d'Orbieu-Uccoar : la fusion-acquisition est effective

Jean Devic, président de Val d’Orbieu, a annoncé officiellement, ce 12 septembre, qu’« un protocole de fusion-acquisition a été signé hier (NDLR, le 11 septembre) avec l'Uccoar. Depuis huit jours, le directeur général du groupe, Bertrand Girard, est le patron de l'Uccoar. Mais le plus dur est à venir » Jean Devic s'exprimait devant le préfet de l’Aude et le sous-préfet de Limoux, venus sonder la situation de la filière dans l’ouest audois en ce début de vendanges, où est attendue une baisse des volumes de 20 % à 30 % (prévision de récolte de 3,65 millions d'hectolitres dans l'Aude, contre 4,36 millions en 2011).
Fusion de l'outil commercial
La fusion entre le narbonnais Val d'Orbieu et le carcassonnais Uccoar a été entérinée fin juin par les conseils d'administration respectifs des deux caves coopératives. « C'est l'outil commercial qui fusionne », précise Gérard Guiraud, le président de la cave du Razès implantée à Routier, qui est l’une des caves de vinification d’Uccoar. Jean Devic rappele que « l'ambition est d'améliorer la commercialisation du vin produit sur un territoire comprenant le Narbonnais, le Biterrois, le Carcassonnais et l'ouest audois. » Un objectif qui a été clairement identifié par Olivier Ambry, le directeur de la cave du Razès (300 adhérents actifs, 3 000 ha, CA : 15 M€ issu à 95 % du vrac) lors de sa présentation. « La cave du Razès voit 80 % de son CA vrac réalisé à travers trois clients : Uccoar, Grands Chais de France et Castel », indique-t-il, montrant ainsi la nécessité d’élargir le spectre de la commercialisation. « La commercialisation et un travail sur la maîtrise des coûts, nous permettront de poursuivre l’industrialisation du site de production. Près de 10 M€ seront investis dans la rénovation du site et les équipements industriels dans les 5 ans à venir, conformément à notre schéma directeur » annonce-t-il.
Une démarche bien vue par l’Etat
« Une très bonne nouvelle», estime le préfet de l'Aude, Éric Freysselinard, attentif aux attentes de la filière. Rejoint par Jean-Luc Dairien, le directeur départemental des territoires et de la mer, qui y voit la capacité de la filière de « prendre des décisions stratégiques pour son avenir. » Interrogé sur les conséquences de la fusion-acquisition, qui en fait le plus grand groupe coopératif de France, Jean Devic a précisé que « cet outil commercial ne sera pas doté d’un nouveau nom… Il nous faut lutter contre deux maux : la sous-capacité commerciale par rapport à la production et la non maîtrise de la gestion de la production. » Il rappelle : « Notre ambition est de développer notre groupe coopératif pour mieux valoriser le revenu des producteurs en s’appuyant sur trois axes principaux : Les Domaines et Châteaux, la MDD/Hard Discount, le vrac. » Sur le plan social, il a préféré éluder la question : « On ne peut pas dire qu'il n'y aura pas une mutation ici ou là. Il y en a déjà eu quelques-unes chez les commerciaux. » Il confie à La Lettre M que « nous analysons les marchés, les clients de chacune des entités ainsi que nos complémentarités. Des marchés ont déjà été pris pour le compte de l’Uccoar notamment à l’export et en France. Notre objectif est le développement de la compétitivité. Pour aller à l’export, un marché volatile, il nous faut d’abord dégager des marges. » Le président n’exclut pas des possibilités de développement sur les marchés chinois et américains.










