UPE 30 : innovation, transmission...les enjeux entrepreneuriaux au cœur de "Place à l'entreprise"
Pour la 6e édition de la grande soirée économique gardoise « Place à l’entreprise », organisée par l’Union pour les entreprises du Gard (UPE 30 – président Éric Tresvaux du Fraval), le 5 juillet au Mas Merlet, à Nîmes, Éric Giraudier, président de la CCI 30 et ex-président de l'UPE 30, donne le ton. « Pour nous, Gardois, les décisionnaires se sont éloignés, avec la grande région. La capitale est passée de Montpellier à Toulouse. Autre phénomène récent : le développement économique, les affectations de financements, vont se faire sur les métropoles. Comment nous positionnons-nous ? C'est une question essentielle pour demain. » Face aux quelque 1 000 entrepreneurs et acteurs économiques locaux présents, les enjeux sont posés.
L’une des réponses réside dans l’innovation des entreprises. Innovation de leurs métiers et de leur modèle. « Le digital bouleverse les habitudes de consommation, en B&B et en B&C, explique Guy-Laurent Salphati, responsable des ventes pour Adecco en ex-LR, lors de la table ronde : « L'entreprise se transforme, disruptez-vous ! » Les métiers évoluent car le mode de distribution change. » Exemple de cette évolution, la solution Bim (Building Information Modeling, qui se traduit par la modélisation des informations ou données du bâtiment) : « Nous sommes sur des métiers traditionnels de maçonnerie, avec une solution qui permet de faire des économies, de gagner du temps et d’optimiser le coût de production et les temps de réalisation. » Autre exemple : l'apport de l'analyse des données dans le pilotage des ressources humaines. « On passe de quelque chose d'intuitif à quelque chose de prédictif, qui permet d'anticiper les besoins futurs des entreprises. » L'essor digital change la donne : « L'insatisfaction se diffuse rapidement, via les réseaux sociaux, et peut impacter violemment la marque employeur. Les moyens de pression du client sont beaucoup plus forts qu'avant. »
L’innovation touche tous les secteurs. Comme l'automobile : « Mercedes est associée, en termes d'image, à des clients quinquagénaires (…) alors que demain les voitures devront être connectées, elles seront partagées… », souligne Lionel Minassian, vice -président de The Camp, « camp de base » dédié à l’innovation, à Aix-en-Provence. Ce dernier insiste, pour intégrer les nouvelles générations, sur « l'intelligence collective et le management collaboratif. Le fonctionnement en silos, le management pyramidal et les entretiens annuels, c'est le 19e siècle ! » « Ce sont ceux qui font qui savent », enchaîne Claire Penaud, directrice des ventes de La Poste en ex-LR et nord Paca (de Perpignan à Gap).
« Il faut oser, se mettre en mode start-up, sortir de sa zone de confort, lance Claire Penaud. La Poste est passée d'une entreprise de distribution et de logistique à une entreprise de services. La sacoche des facteurs se vide, il faut s'adapter en se lançant dans les services à domicile. Cela peut être de la livraison de repas pour les seniors, des montages de meubles... Il ne faut pas faire une transformation subie, mais réfléchie. Un facteur fait cinq prestations par semaine, demain il faudra qu'il en fasse cinq par jour. » Un conseil prodigué par Lionel Minassion : garder la place de l’humain. « La robotisation et la digitalisation sont des outils pour aller plus vite, mais n'ont de sens que si elles sont bien utilisées. »
Autre sujet incontournable pour la pérennité des entreprises du territoire : la reprise et la transmission. Une option trop souvent laissée de côté par les entrepreneurs en quête de projet. « Une entreprise reprise a pourtant deux fois plus de chances qu’une entreprise créée d’être toujours là dans cinq ans », prévient Patrick Janot, président-fondateur de MeetPro, plateforme digitale mettant en relation les cédants et repreneurs d’entreprise. Et le marché est important. « Il y a 75 000 transmissions d’entreprises par an en France, il pourrait y en avoir 120 000 ! (source : observatoire économique de la BPCE, NDLR) ». Une des clés pour une transmission réussie est l’anticipation. « 82 % des personnes qui anticipent leur cession vendent bien leur entreprise, ce chiffre est divisé par trois sans anticipation. ». « Deux fois sur trois, la réponse à la recherche d’un repreneur se trouve parmi les prestataires et fournisseurs de l’entreprise à céder » précise Gilles Laumesfelt, directeur de Acci Plus Patrimoine. Autre facteur important à prendre en compte : l’humain. « Le patrimoine social ne doit pas être négligé », prévient Céline Quillé, animatrice régionale transmission d’entreprise, AG2R La Mondiale. Ainsi, la reprise de l’entreprise par l’un de ses salariés est souvent plus simple. Autant d’éléments à ne pas négliger pour une reprise réussie.










