Un nouvel outil pour se reconvertir sans passer par la case chômage
Créé en janvier 2021 dans le cadre du plan France Relance, Transitions Collectives est un dispositif destiné à faciliter la reconversion des salariés dont l’emploi est menacé.
« Grâce à Transitions Collectives, les salariés dont le métier est en danger vont pouvoir bénéficier d’une formation financée par l’État vers des métiers localement plus porteurs, tout en conservant leur contrat de travail et leur rémunération », résume Séverine Garandeau Martin (CFDT), vice-présidente de Transitions Pro Occitanie (ex-Fongecif). Le dispositif national, étudié depuis le mois d’octobre dernier pour face à la crise économique, permet en effet à un salarié dont l’emploi est menacé, de prétendre à une formation gratuite pour une durée de deux ans maximum. À l’issue de cette période, il peut être réintégré à l’effectif de son entreprise initiale à un nouveau poste ou se reconvertir dans une autre entreprise. Pour que la formation soit financée, elle doit cependant concerner un métier jugé porteur dans sa région.
Former aux métiers porteurs
En Occitanie, le Crefop (Comité régional de l'emploi, de la formation et de l'orientation professionnelle) a établi une liste de ces métiers. Ils concernent les secteurs de l’agriculture, du BTP, de l’électricité et de l’électronique, de la métallurgie, de l’industrie de process, du bois et des matériaux souples, de la maintenance, du transport-logistique, de la gestion des entreprises, de l’informatique, du commerce, de l’hôtellerie-restauration, des services aux particuliers ou encore de la santé. « Cette liste est appelée à être régulièrement remise à jour », précise Hélène de la Rochette (Medef), présidente de Transitions Pro Occitanie. L’État a débloqué une enveloppe de 500 M€ sur deux ans pour le déploiement du dispositif au niveau national. En Occitanie, 14 M€ ont été dégagés pour l’année 2021.
Garantir le dialogue social
Pour prétendre au dispositif, une entreprise doit informer son personnel qu’elle souhaite entrer dans la démarche et lui faire part des métiers en danger. « Cela passe par la conclusion d’un accord type GEPP (gestion des emplois et des parcours professionnels) qui garantit un véritable dialogue social au sein de l’entreprise », estime Séverine Garandeau Martin. Une fois l’accord passé, l’entreprise dépose son dossier de demande sur une plateforme dédiée, ouverte depuis le 22 février sur le site internet de Transitions Pro Occitanie. « À la fin du mois d’avril, trente entreprises avaient créé leur compte sur la plateforme, et une avait officiellement déposé un dossier de demande. Mais le déploiement du dispositif démarre à peine, indique Hélène de la Rochette. Pour l’heure, les entreprises qui se sont inscrites sont de diverses tailles, de la TPE à la grande entreprise. » Si le dispositif est né en réaction à la crise sanitaire, Hélène de la Rochette comme Séverine Garandeau Martin sont convaincues que Transitions Collectives, qui répond aux besoins des entreprises et des salariés, perdurera au-delà la crise de la Covid.









