Fil infos

Hérault
|
Institutions
| 13/12/2018

Transition énergétique : Montpellier met le cap vers une métropole solaire

La Métropole de Montpellier (président : Philippe Saurel) organise le 12 décembre, en marge du Forum Energaïa au parc des expos de Montpellier, une conférence sur le thème : « Cap vers Montpellier Métropole solaire : comment adapter le territoire et favoriser l’intégration des énergies renouvelables ? » Avec 2 949 heures d'ensoleillement en 2017, Montpellier figure parmi les cinq grandes villes les plus ensoleillées de France (2 187 h pour Toulouse, 2 232 à Bordeaux et 3 110 h à Marseille). Aussi, la Métropole fait le choix de l’énergie solaire photovoltaïque et thermique en parallèle d’autres sources d’énergies (bois-énergie, biogaz, géothermie, réseau de chaleur, récupération de chaleur fatale) pour répondre à la question énergétique dans ses infrastructures. Le Mibi (hôtel d'entreprises internationales) est équipé d’un brise-soleil photovoltaïque (2011), la piscine Héraclès d’une chaudière bois (2018), Cap Oméga a une centrale photovoltaïque en autoconsommation (2018), la piscine Poséidon sera dotée d’ombrières photovoltaïques en autoconsommation en 2019. Montpellier est dotée d’une piste cyclable solaire qui permet d’alimenter une caméra de vidéosurveillance 24h/24h réalisée en partenariat avec WattWay (groupe Colas). Au 1er trimestre 2019, un dispositif d’appui pour des projets technologiques, innovants et structurants, un appel à idée pour accompagner des projets sur le territoire.

Territoire d'expérimentations
« Les objectifs de Montpellier Métropole Solaire sont d’augmenter la production d'énergie solaire sur le territoire, d’être un territoire de l'expérimentation et de l'innovation solaire en s’appuyant sur le monde de la recherche, d’adapter nos modes de vie au climat méditerranéen et de réduire nos consommations à travers les divers plans de déplacement, de l’habitat,… 3M est aussi concédant des réseaux d’énergie et mène un travail avec les divers opérateurs », souligne Delphine Baus, de la direction de la transition énergétique et écologique de Montpellier Méditerranée Métropole. La Métropole s’est engagée dans le label territoire à énergie positive pour la croissance verte. Le Scot (en révision) laisse une large part au développement durable. Le plan climat air énergie territorial sera rattaché au schéma directeur des énergies et vise aussi le label Cit’ergie.

Un vivier de start-up
« Beaucoup de start-up sont actives dans le domaine de l’énergie », explique Eliane Lloret, vice-présidente déléguée à l’énergie et à la transition énergétique et maire de Sussargues. Ainsi, le Bic (Business Innovation Centre) abrite 10 entreprises dans le domaine des énergies vertes ou clean tech, la gestion thermique des bâtiments, l’optimisation de performance des éoliennes,… Parmi ces start-up, Comwatt (30 salariés) qui est spécialisée dans les ENR et le digital. « Les ENR deviennent rentables. Le solaire est l’énergie la moins chère du monde. Pourtant, l’autoconsommation collective est bloquée par un certain corporatisme. Le transport d’énergie, c’est 50 % du coût énergétique et donc produire au plus près des lieux de consommation est source de réduction du coût, indique Grégory Lamotte, président et fondateur de la start-up. Le pari de ComWatt est de faire la passerelle entre internet et les équipements pour consommer l’énergie au moment où elle est produite. Nos 10 000 clients ont obtenu 50 à 70 % de réduction du coût énergétique, soit 5 M€ de pouvoir d’achat généré. » Parmi ces entreprises, il y a aussi T-Zic (président : Thomas Zunino), spécialisé dans le domaine de l’eau. T-Zic fabrique et vend des systèmes de désinfections de l’eau à partir des rayonnement UV, ce qui permet de traiter l’eau à la demande et en autonomie énergétique. Le mathématicien Gérard Labrosse (77 ans) a créé TchebyFlow, spécialisée dans la modélisation numérique.

Énergies du Sud, un opérateur local
« La Serm est le 1er producteur d'énergies renouvelables dans la métropole, via le réseau urbain (DSP de la Ville) et Énergies du Sud, qui développe les ENR (électricité, chaleur, froid). Nous tendons vers un mix énergétique plus vert - à 70 % renouvelable (bois, gaz, solaire, récupération et cogénération) - et l’extension du réseau, pour avoir un coût de l’énergie moins cher que les solutions de base, indique Frédérick Cauvin, directeur d’Énergies du Sud (15 salariés). On travaille sur des projets, des nouveaux process, de nouvelles énergies car l’innovation permet d’aller plus vite et de récupérer des subventions en limitant le recours aux fonds publics. Les activités ENR sont très capitalistiques. Énergies du Sud travaille sur le bois biomasse, le biogaz, la récupération d’énergie, le solaire et bientôt l’éolien. » Parmi la trentaine de chantiers réalisés par Énergies du Sud : les ombrières de parking de l’Aéroport de Montpellier avec Engie Green via une société de projet, le réseau de chaleur et de froid de Montpellier, la chaufferie de la Motte Rouge, d’Antigone et de Joffre, la trigénération de Port-Marianne, la climatisation solaire de 22 000 m2 de bureaux, commerces et logements dans un îlot d’immeuble de Jacques Cœur, la centrale au sol sur Cournonsec, le toit photovoltaïque des Halles Laissac. A venir, au sein du futur quartier Cambacérès, un process à base de géothermie sur nappe labellisé par l’Ademe, ou Euréka, futur quartier à énergie positive avec les smartgrid et les toits photovoltaïques. « On ne cherche pas à dupliquer mais à s’adapter aux besoins des Zac tertiaires et de logements comme aux Grisettes, où nous avons opté pour un raccordement à Amétyst (unité de méthanisation) au lieu d’une chaudière bois », explique-t-il.

Véronique Coll / coll@lalettrem.net
Bloc Abonnement

La Lettre M sur votre bureau chaque mois, la newsletter quotidienne à 18h, toute l'actualité en temps réel sur lalettrem.fr, les magazines thématiques, le guide « Les Leaders, ceux qui font l’Occitanie », la référence des décideurs d'Occitanie