Toulouse-Montpellier : partis pour durer ?
Cinq mois après sa signature par Jean-Luc Moudenc (LR), maire de Toulouse, et Philippe Saurel (DVG), maire de Montpellier, où en est l’accord-cadre entre Toulouse et Montpellier ? Vivra-t-il un jour ? La question se pose, car les sujets objectifs de compétition se multiplient entre les deux métropoles d’Occitanie. Les deux villes sont par exemple labellisées French Tech et défendent chacun leur bilan auprès du gouvernement. Côté infrastructures, à Toulouse, Moudenc appuie la LGV Bordeaux-Toulouse (DUP obtenue) et à Montpellier, Saurel fait pression pour maintenir en vie le projet de ligne nouvelle Montpellier-Perpignan (enquête publique en fin d’année). Or, il semble peu probable que les deux projets (10,85 Md€ au total, d’après SNCF Réseau) puissent être financés. Les villes croisent également le fer pour obtenir un centre de protonthérapie, outil de pointe dans la lutte contre le cancer. Le 30/6 en conseil métropolitain, le maire de Montpellier annonce le lancement de slogan ‘'Montpellier capitale Santé'’, pour tenter de marquer des points dans la compétition. « Si l'un des deux dossiers l'emporte, alors un dialogue sera pertinent, glisse Jean-Luc Moudenc à La Lettre M. Mais d'ici là, cela n'a pas de raison d'être. » De son côté, François Chollet, vice-président de Toulouse Métropole chargé de la coopération entre les deux métropoles, ne voit pas « ce sujet, relativement politique, éclore avant les élections présidentielles ». Dans le domaine de l’enseignement supérieur, la course à l’Idex (Initiatives d’excellence) se fait dans des couloirs séparés – Toulouse ayant perdu le label, et Montpellier ne l’ayant toujours pas. Le 28/6, lors du Toulouse Space Show, un groupement d’intérêt scientifique voit le jour, en vue de créer, avec le soutien du Cnes, le centre spatial universitaire de Toulouse. Ce dernier « permettra de développer et de réaliser de nouveaux projets de nano-satellites et de soutenir des programmes de R&D dans le domaine des nano-systèmes spatiaux », indique le communiqué, qui n’accorde pas une ligne… au tout nouveau centre universitaire spatial de Montpellier, soutenu par la Fondation Van Allen, également axé sur les nano-satellites.
Pourtant, Jean-Luc Moudenc, assure prudemment que « le dialogue se poursuit ». Sans nier la concurrence. « Nous ne sommes pas naïfs », glisse-t-il. « La concurrence est parfois établie de fait par la façon dont fonctionne l’action publique à l’échelle nationale et européenne, analyse Marie-Christine Jaillet, présidente du conseil de développement de Toulouse Métropole. Les modes d’intervention et d’allocation de moyens génèrent de fait des effets de concurrence entre grandes villes, comme pour la protonthérapie par exemple. »
François Chollet doit revoir Max Lévita, son homologue à la métropole de Montpellier, en septembre. « Nos travaux concernent le développement économique et touristique. Les équipes organisent une réunion technique tous les trois mois. Nous avons appris à nous connaître et la confiance y est. » Pour Marie-Christine Jaillet, ce principe de coopération, pour balbutiant qu’il soit, « est politiquement intéressant. C’est une alliance des métropoles face à la nouvelle Région. C’est aussi une façon de peser davantage à l’international, en étant présents ensemble sur des salons par exemple (Mipim en mars, NDLR). C’est, enfin, un discours d’exemplarité, invitant les acteurs économiques à prendre le chemin de la nouvelle région ».










