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Haute-Garonne
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| 15/02/2018

Toulouse Métropole : passe d’armes entre Moudenc et son opposition

Gestion de l’eau et de l’assainissement, mobilité, contractualisation avec l’État, LGV… Le conseil de Toulouse Métropole, organisé le 15 février à Colomiers, a été le théâtre d’une passe d’armes musclée entre Jean-Luc Moudenc, président LR de la collectivité, et les représentants de l’opposition. Morceaux choisis.

La gestion de l’eau et de l’assainissement. Actuellement, deux options sont sur la table : une délégation de service public ou une régie publique. Pour Michèle Bleuse, présidente du groupe d’opposition écologiste, « il s’agit d’un choix politique, car l’eau est un bien commun dont la gestion ne doit pas être confisquée au bénéfice d’intérêts privés ». Et d’appeler à l’organisation d’un débat public et d’un référendum. Une idée balayée du revers de la main par Jean-Luc Moudenc. « Il est tout de même paradoxal que certains nous réclament un débat public alors qu’ils défendent une seule et unique option, la régie publique ! Pour ma part, je n’ai pas d’a priori… »

Les transports. Marc Péré, vice-président de Toulouse Métropole et président du groupe d’opposition Métropole citoyenne, en appelle une nouvelle fois à « un plan d’urgence transports afin de répondre à l’asphyxie de la métropole toulousaine ». Michèle Bleuse enfonce le clou : « La troisième ligne de métro nous fait courir un risque avéré d’incohérence entre l’urbanisation de notre agglomération et l’offre de transport ». Du côté de la majorité, Sacha Briand, vice-président LR de Toulouse Métropole, répond : « On nous demande un plan d’urgence ? Il existe. Cela s’appelle le PDU (plan de déplacements urbains, NDLR) ».

LGV. « Monsieur Moudenc, vous êtes l’homme du tout ou rien, lance Michèle Bleuse. Celui qui ne souhaite pas qu’il puisse être question d’arbitrages sur le phasage de la future LGV. J’y vois une dérive vers un égoïsme territorial. »

Les futurs contrats financiers État/grandes collectivités. « Il y a quelques mois, vous nous disiez, des vibratos dans la voix : Nous n’accepterons pas que l’État bride notre développement économique, grince Claude Raynal, président du groupe socialiste. Et aujourd’hui, finalement, nous nous alignons sur ce que nous demande le gouvernement. » Une critique partagée par Michèle Bleuse : « Si Toulouse Métropole signe cette contractualisation, elle abandonne ce que Monsieur Moudenc appelle l’ambition métropolitaine, en signant une mise sous tutelle fiscale et financière de notre collectivité ». Réponse de Sacha Briand : « La contractualisation est la volonté du législateur. Nous continuerons, s’il le faut, à exprimer certaines réserves, mais c’est désormais la loi de la République qui doit s’appliquer ». De son côté, Jean-Luc Moudenc ironise : « C’est soit la baisse des dotations de l’État, soit la contractualisation. Je préfère la contractualisation, qui organise un dialogue avec l’État et permet le maintien de nos ressources. Les collectivités qui refuseront la contractualisation reviendront dans un rapport autoritaire avec l’État. Les fiers-à-bras et les va-t-en-guerre, je leur souhaite bien du plaisir lorsque les reprises financières de l’État tomberont sur leurs budgets ! »

La « fin » du mandat de Jean-Luc Moudenc. « Monsieur Moudenc, vous attaquez la fin de votre mandat, marqué par des insuffisances considérables », tacle Pierre Lacaze, président du groupe des Communistes, républicains et citoyens. Et Claude Raynal de poursuivre, à l’adresse du président de Toulouse Métropole : « Depuis le premier jour de votre mandat, vous ne pensez qu’à ça ! Arrêtez de penser à votre réélection, pensez plutôt à votre métropole, c’est plus intéressant ! ». Jean-Luc Moudenc répond, acide : « Je ne suis pas tout à fait à la fin de mon mandat. Mais certains ont faim et aimeraient que ce soit la fin… »

Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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