Suppression du Scellier : la nouvelle donne des promoteurs
Les promoteurs immobiliers anticipent la suppression du dispositif de défiscalisation Scellier, fixé en fin d’année - peut-être dès cet été, redoute le montpelliérain Marc Pigeon, président national de la FPI -, en recentrant leur travail vers les propriétaires occupants.
« Ce n’est pas le même métier, indique Philippe Ribouet, président de la FPI L.-R. Avec le Scellier, les ventes aux investisseurs partaient tout de suite, c’était d’une simplicité anormalement extraordinaire. On faisait plus de la distribution que de la promotion. Vendre de la résidence principale, c’est différent : il faut fixer plusieurs rendez-vous, expliquer, convaincre, être à l’écoute, accompagner le client chez le banquier… »
Philippe Ribouet a rappelé aux élus l’impérieuse nécessité de libérer du foncier constructible pour construire moins cher. « Il n’y a pas suffisamment de logements neufs pour accueillir les flux migratoires. Je ne vois pas de logements construits non vendus ! Le marché est toujours très tendu, à des prix trop élevés. Le foncier reste cher. Nous sommes en tension. Un empilement de lois (thermiques, phoniques, accès handicapés, …), et des exigences architecturales pèsent sur le prix du logement. »
Produire moins cher
Principale idée défendue par la profession : « Réduire le nombre de parkings souterrains, qui coûtent très cher dans le prix final du produit, en faisant réaliser par la collectivité des parkings silos. Un parking enterré coûte 600 €/m2. Le supprimer, c’est passer de 3 700 €/m2 à 3 100 €/m2. Ça nous permettrait de toucher notre cible classique, à savoir le ménage où les deux conjoints travaillent. On ne pourra produire 5 000 logements par an dans l’agglomération de Montpellier, et répondre aux objectifs du futur PLH (2013-2018), que si les élus libèrent du foncier et que si nous parvenons à baisser les coûts techniques. »
Philippe Ribouet a pris exemple sur la Zac de Nouveau Saint-Roch, dont le lancement est imminent (2012 ou 2013, NDLR) : « La Serm va réaliser un parking public, qui sera dédié en partie aux futurs occupants des logements du quartier. Du coup, au lieu d’avoir quatre niveaux de parking souterrain sous les immeubles, il n’y en aura qu’un seul, ce qui réduira considérablement les prix. » Il appelle les élus à tempérer les audaces architecturales. « Le marketing territorial, avec de grands architectes, contribue à l’attractivité de la ville. Mais il n’en faut pas partout. » Xavier Bringer (Crédit Agricole Immobilier Résidentiel) enchaîne : « On ne peut pas vendre que des Audi. » Marc Séchaud (Cogim) regrette que le développement urbain soit conditionné par les zonages fiscaux. « Mauguio et Juvignac sont en B1, Prades-le-Lez et Mauguio en B2. Ces disparités entre communes proches de Montpellier, c’est dommage. »
Surprise : les promoteurs « n’attendent rien » du futur gouvernement. « Les caisses sont vides, et un dispositif fiscal supplémentaire ne nous servirait à rien, sauf à faire des coups. Notre préoccupation, aujourd’hui, c’est de produire moins cher », martèle Philippe Ribouet.










