Deux offres de reprises, au moins, ont été déposées pour la reprise de l’entreprise chaurienne Spanghero : l’une émane des salariés, l’autre du fondateur de l’entreprise, Laurent Spanghero. Le préfet de l’Aude, Louis Le Franc, a annoncé, ce soir, qu’un « délai supplémentaire de 15 jours pour déposer les offres de reprise » était accordé par l’administrateur judiciaire, « en concertation avec le ministre de l’Agroalimentaire, Guillaume Garot », les offres de reprise actuellement parvenues « ne couvrant que partiellement les besoins du site industriel. Ce temps supplémentaire sera mis à profit pour explorer et conforter toutes les pistes de reprise d’activités dans l’intérêt des salariés et du bassin chaurien. »
Les deux offres de reprises connues paraissent fragiles. Les salariés ne disposent, pour l’heure, d’aucune source de financement. Quant à l’ancien patron de l’entreprise, qui dirige aujourd’hui une petite société agroalimentaire spécialisée dans le bio, Nutrinat, il ne dit mot sur ses soutiens financiers ou ses partenaires éventuels. « Je ne me résous pas à voir cette boîte s’effondrer, assure-t-il à La Lettre M. Aujourd’hui, la société est un tas de ruines. Je ne peux pas rester les bras ballants. Je ne peux pas dormir en sachant ces dizaines de familles –l’entreprise emploie 240 salariés permanents, NDLR- dans la désespérance ». L’ainé de la fratrie de rugbyman ne demande aucun droit de préemption sur le rachat de l'entreprise qui porte son nom. « S’il y a des gens mieux-disant, aucun souci ! L’essentiel, c’est de sauver la boîte. »
PSE le 28 mai
De son côté, Jérôme Lagarde, secrétaire FO du comité d'entreprise, confirme à la Lettre M que « les salariés de l'entreprise ont un projet de reprise. Elle ne se ferait pas en Scop, car trop aléatoire. Concernant le financement, nous aurons besoin de l'appui des élus politiques. » Jérôme Lagarde s’étonne de l’annonce de Laurent Spanghero. « Si, en 2009, Lur Berri ne nous avait pas repris, l'entreprise aurait rencontré des difficultés. Les investissements réalisés pour l'extension du site étaient lourds à supporter, le tonnage traité n'étant pas à la hauteur. » Le plan de sauvegarde de l’emploi démarrera le 28 mai.
Spanghero, filiale du groupe coopératif basque Lur Berri, s'est retrouvé englué depuis février 2013 dans le scandale de la viande de cheval, avant d’être abattu à la fin mars par une nouvelle affaire, cette fois de viande de mouton d’origine britannique, prohibée. À sa demande, l’entreprise a été placée par le tribunal de commerce de Carcassonne le 19 avril en liquidation, avec possibilité de poursuivre l'activité trois mois.