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| 26/08/2021

Sophie Garcia (Medef Occitanie) : « Avec la reprise, nous retrouvons aussi nos difficultés de recrutement »

À la tête d'une délégation composée d'une centaine de personnes, Sophie Garcia, présidente du Medef Occitanie, participait à la Rencontre des entreprises de France (Ref) à ParisLongchamp. Reprise, recrutements, transition écologique, investissements... : déclinaison, avec la présidente régionale, des thématiques qui ont été au cœur des échanges pendant ces deux jours.

Votre président national, Geoffroy Roux de Bézieux, s'est réjoui lors de son discours d'inauguration de la Ref des signes de reprise de l'activité économique. Est-ce aussi le cas en Occitanie?
L’activité est en effet bonne et les carnets de commandes sont plutôt bien remplis. On ne s’attendait pas à une reprise aussi rapide ! Mais nous retrouvons aussi une difficulté majeure : celle du recrutement. Comme l’a souligné Geoffroy Roux de Bézieux hier, il y a 10 % d’écart entre le taux d’emploi en France et celui en Allemagne. C’est beaucoup, c’est trop. La France est le seul pays de l’OCDE à avoir un taux de chômage structurel de 7 % !

Quelles sont selon vous les principales raisons de ces difficultés à recruter ?
J’en vois trois importantes : le manque de mobilité ; l’inéquation entre la formation et les besoins des entreprises ; et le régime actuel de l'assurance-chômage qui n'encourage pas le retour au travail. Sur ce dernier facteur, l'annonce faite hier par Bruno Le Maire d'une réforme en octobre est une bonne chose. Concernant la mobilité, nous avons la chance d’avoir, en dehors des métropoles de Toulouse et Montpellier, une offre accessible au logement. Il faut s'en saisir. Pour cela, il faut faciliter l'accès à ces logements en améliorant les transports en commun et les infrastructures routières. Cela permettra d'encourager la mobilité. Cette amélioration des infrastructures de transport doit aller de pair avec un environnement propice à la vie de famille en proposant des services de proximité : écoles, cinéma… Pour l’ensemble des villes secondaires d’Occitanie – comme Albi, Narbonne, Montauban, Béziers…-, c’est le moment d’exploser car la crise sanitaire a décuplé cette recherche d’une qualité de vie meilleure.

Bruno Le Maire a annoncé hier la prochaine présentation d'un plan d’investissement afin de créer de nouvelles filières industrielles. L’hydrogène, l’intelligence artificielle, le « nouveau » nucléaire, le calcul quantique, les biotechnologies ont été cités. Les entreprises d’Occitanie pourront-elles bénéficier de ce plan?
Beaucoup de financements seront accessibles via des appels à projets. Ce nouveau plan sera essentiellement orienté vers les grandes entreprises. En Occitanie, cela va représenter une dizaine de dossiers. C’est une bonne chose - car cela servira de locomotive - mais cela ne sera qu’un maillon de la chaîne. Il est important selon moi qu’il y ait aussi un plan de financement pour des projets plus modestes, à des échelles plus locales. Par exemple, pour soutenir le numérique. La transition digitale s’est faite cette année à marche forcée dans nos entreprises et aujourd’hui ces dernières sont très exposées à la cybercriminalité. Des aides pour l’équipement, la sécurisation, la mise en place de réseaux sont nécessaires. Autre exemple, celui du télétravail qui va perdurer, même si l’on ne sait pas encore exactement dans quelle proportion. Cela nécessite un accompagnement du management car on ne sait pas toujours comment faire à distance. N’oublions pas que dans les petites entreprises il n’y a pas de DRH.

Durant les débats de la Ref, il a aussi été question de transition écologique, défi majeur selon Geoffroy Roux de Bézieux. Les entreprises ont-elles les cartes en main ?
Les entreprises sont volontaires et en ont pris conscience. Quand bien même un chef d’entreprise serait un peu réticent, ses collaborateurs seront là pour l’y pousser. Les 30-35 ans sont prêts à ne pas rejoindre une entreprise qui aurait une mauvaise image sociale ou environnementale ! Cela étant dit, il y a tout de même un problème de timing à propos de cette transition écologique. Je prendrais comme exemple la création des zones à faibles émissions mobilité (ZFE). Toulouse et Montpellier sont concernées. À ce jour, au sein de mon entreprise (la société de sécurité incendie PSL, NDLR), quinze de mes techniciens auraient besoin d’un véhicule électrique. Or, pour l’instant, l’offre n’est pas adaptée à nos besoins. Comment faire dans ces conditions pour continuer à travailler ? Encore une fois, nous sommes favorables à l'objectif mais attention à la temporalité...

Propos recueillis par Nelly Barbé, envoyée spéciale à ParisLongchamp / barbe@lalettrem.net
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